L’illettrisme coince son pied dans la porte du placard médiatique
Aujourd’hui, le rapport sur l'illettrisme a été rendu public sur le site du coe.gouv.fr.
35 pages indigestes et une couverture médiatique très faible, voilà qui résume l’attitude adoptée face aux conséquences peu glorieuses de notre mode d’éducation.
Sujet honteux d’une société qui se targue d’être éclairée, l’illettrisme est le vilain petit canard des handicaps. Pas toujours reconnu comme tel, il ne bénéficie d’aucun aménagement destiné à faciliter la vie quotidienne des gens qui en souffrent.
Pourtant, aujourd’hui, parmi la population des 18-65 ans, soit 34 millions de personnes ayant été scolarisés, il y a 9% d’illettrés ce qui fait environs 3 millions d’adultes auxquels s’ajoutent chaque année 40 000 jeunes. Effectivement, y a pas de quoi pavoiser.
Une des raisons, qui s’ajoute à celle terriblement évidente du déni de principe, c’est que la notion d’illettrisme est récente et complexe. Elle n’est officiellement utilisée que depuis les années 1980. A cette période, l’Unesco fit le constat que « plusieurs générations, après la génération de l’école obligatoire, n’avaient pas l’usage de l’écrit »
Dès lors on recourt à une définition extrêmement générale fournit par le GPLI (Groupe Permanent de Lutte contre l’Illettrisme) pouvant recouvrir des réalités multiples :
« On considère comme relevant de situation d’illettrisme des personnes de plus de 16 ans, ayant été scolarisés et ne maîtrisant pas suffisamment l’écrit pour faire face aux exigences minimales requises dans leur vie professionnelle, sociale et culturelle. »
Pour repousser les généralités, et se tourner vers le particulier, le Syndicat de la Presse Sociale, et son Président Philippe Marchal, avec l'Agence Nationale de lutte contre l'Illettrisme, ont mis en place un nouveau festival : Mots à maux.
Soutenu par François Zimeray, ambassadeur de Droits de L'Homme, par des écrivains comme Katherine Pancol, Tonino Benaquista, Luc Ferry , Frédéric Taddeï. PPDA et Irène Frain, le festival a proposé à de jeunes vidéastes un concours pour éclairer d’une lumière nouvelle ce problème ancien.
L’idée principale est de se dégager du stéréotype de l’immigré analphabète, comme si ce n’était pas un « problème français ». L’illettrisme, ce sont des personnes qui sont allées à l’école en France, ont normalement appris à lire, écrire et compter mais qui, peu à peu, par manque de pratique, de sollicitation, ou parce que les circonstances de leur apprentissage ont été défavorables, n’ont pas su garder ces connaissances.
Etre illettré, c’est être incapable de se débrouiller dans les situations de la vie courante, ne pas pouvoir lire une notice de médicament, un horaire de bus, une carte postale, une offre d’emploi.
La remise des prix a eu lieu le 16 novembre dernier à la maison de
l’Amérique latine à Paris
Les lauréats ici
Et comme c’est Noël et qu’on sait bien que ça titille sévère votre culpabilité tout azimut, on vous le dit, l’illettrisme n’est pas irréversible. Il existe de nombreuses associations plus ou moins officielles et très accessibles, toujours à la recherche de bénévoles, pour que, et je cite monsieur Mike, "les illettrés ne soient plus illettristes"
(Oui! Merci monsieur Mike)
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