ON AIR

 

Bientôt sur Nova

Faut-il manger ses invités ?

Cuisinons donc Patrick de Valette, Mike Guermyet, Olivier Urman et Charles Recoursé.

Faut-il manger ses invités ?

JEUDI 27 OCTOBRE

Manger ses invités est-elle la solution la plus adaptée pour mettre un terme à toute forme de copinage médiatique ? Croquer l’oreille d’artistes en promotion dans l’intimité d’une station de radio peut-il réveiller chez eux des réponses savoureuses ? Chaque jeudi, notre juke-box littéraire ouvre ses cuisines à une poignée d’ingrédients de choix pour un frichti de lectures sélectionnées et interprétées par leurs soins, tirées de livres adorés. Ce soir, j’aurai le plaisir de déguster d’accueillir :

Mike Guermyet, cinéaste, comédien et musicien qui, en compagnie de Charlotte Nessi, signait il y a peu la mise en scène d’un opéra cannibale, Des Enfants à croquer, basé sur la célèbre Modeste proposition pour empêcher les enfants des pauvres en Irlande d’être à la charge de leurs parents ou de leur pays et pour les rendre utiles au public de Jonathan Swift (1729), dans laquelle manger des marmots semble être une solution habile pour endiguer la pauvreté ;

Charles Recoursé, juré du Prix de la Prix 111 et surtout, bon sang, traducteur intrépide, notamment de l’œuvre complexe et capitale de l’Américain David Foster Wallace. Un recueil de huit nouvelles inédites de l’auteur de L’Infini Comédie ou de Brefs entretiens avec des hommes hideux vient de sortir sous le titre L’Oubli aux éditions de l’Olivier, dans lequel on trouve la question suivante : « Ta salive. Tu passes ton temps à l’avaler. Est-ce que ça te dégoûte ? Non. Mais imagine, tu remplis petit à petit un grand verre avec ta salive, et après tu le bois. C’est dégoûtant ? Mais pourquoi ? » ; 

Patrick de Valette, clown élastique de la troupe des Chiche Capon, point de rencontre possible entre Monsieur Hulot et un lézard élégant qu’on aurait engagé pour danser sur Le Lac des Cygnes, à l’affiche d’un spectacle solo, Hobobo, dans lequel il interprète un scientifique maboul qui entreprend de résumer toute l’Histoire de l’humanité puis de nous enseigner – en slip – « l’amour absolu », de quoi vous mettre en appétit jusqu’au 12 novembre au Ciné 13 Théâtre à Paris ;

Olivier Urman, plasticien et moitié bicornée du duo Musique Post-Bourgeoise, qui empoignera ce soir son mégaphone pour s’expliquer sur ce happening saugrenu : treize faux tableaux qu’il vient d’exposer sur le bord du périphérique parisien, à hauteur de Porte Maillot, visibles jusqu’au 1er novembre en marge de la FIAC. En outre, dans son dernier clip, Le Marché, on voit un homme manger le pied gauche de sa compagne confit dans la sauce d’un cassoulet toulousain.

21h10 Interview 1: Patrick de Valette, à propos de Hobobo.

21h20 Lecture 1 : Swami Vivekananda lu par Patrick de Valette, Jnana Yoga.

21h30 Interview 2 : Mike Guermyet, à propos des Enfants à croquer.

21h40 Lecture 2 : Jonathan Swift lu par Mike Guermyet, Modeste proposition pour empêcher les enfants des pauvres en Irlande d’être à la charge de leurs parents ou de leur pays et pour les rendre utiles au public.

21h50 JEU : interview collective autour de Même si, en fin de compte on devient enfin soi-même de David Lipsky.

22h00 Interview 3 : Charles Recoursé, à propos de David Foster Wallace.

22h10 Lecture 3 : David Foster Wallace lu par Charles Recoursé, The Suffering Channel (tirée de L’Oubli).

22h20 Interview 4 : Olivier Urman, à propos du Musée retourné.

22h40 Lecture 4 : Aurélien Bellanger lu par Olivier Urman, La Théorie de l’information.

22h50 Interview collective à partir du Mode interrogatif de Padgett Powell.

Une émission conçue et animée par Richard Gaitet, et réalisée par Sulivan Clabaut.

Miam-miam.

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires