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James Brown Vs Isaac Hayes

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Avec Richard GAITET
Lundi-Jeudi 21H00-23H00
Branchez-vous sur le juke-box littéraire de Radio Nova. Une machine à lire qui balance des morceaux de littérature aussi variés, exigeants et inattendus que la playlist musicale de la station… En deux heures, Nova donne à entendre des extraits de romans, mais aussi des bouts d’essais, des fragments de nouvelles, de la poésie, de la prose, du classique comme de la nouveauté, des rééditions ou des manuscrits pas encore publiés, des bizarreries et de la BD, Borges ou Bukowski, Sartre ou San-Antonio, James Ellroy aussi bien que Barbara Cartland, Pléiade ou Harlequin, de l’érotique, des contes pour enfants, des biographies de stars comme des programmes politiques, des livres de cuisine comme des manuels de savoir-vivre… Dernier épisode ci-dessous ⬇

James Brown Vs Isaac Hayes

Soul Party avec James McBride et David Desvérité.

 

JEUDI 1ER JUIN

On le surnommait « The Godfather of Soul » ou « The hardest man in the show business », sans forcément savoir qu’enfant, il ramassait du coton pieds nus dans les champs de Caroline du Sud. James Brown avait trois stations de radios, mais distribuait parfois des tasses de café chaud à son public qui grelottait l’hiver pour l’applaudir à l’Apollo. Au milieu des années 80, « alors qu’il était fauché, que son grand orchestre l’avait fui, et que sa vie privée n’était plus que ruines », il refusait de faire des publicités pour de la bière ou des baskets. Son credo : le travail, la discipline et l’éducation. Monsieur Brown était un ami difficile et rare, un compagnon volage, mais un père exemplaire. Il ne fumait ou ne buvait presque jamais, mais vers la fin de sa vie se droguait au PCP, un hallucinogène. J. B., qui se pointa dans le bureau du président Nixon avec un calibre 38 dans la poche, et dont les dernières paroles furent « Je brûle, je brûle, j’ai la poitrine en feu ! ». Le Soul Brother N°1, qui conseillait à ses disciples : « A chaque fois que vous arrivez quelque part, Arrivez comme quelqu’un d’important, repartez comme quelqu’un d’important. »

C’est ce qu’on apprend en lisant la captivante enquête que lui consacre quelqu’un d’important, l’écrivain, journaliste, scénariste et jazzman américain James McBrideMets le feu et tire-toi, titre français parfait de cet ouvrage qui vient de paraître aux éditions Gallmeister, publiée l’année dernière aux USA. Kill them & Leave, objectif affiché de James Brown à chaque show. Tout brûler et filer juste après.

L'enfande d'Isaac Hayes fut également marquée par la misère et le travail aux champs, en haillons, avec des trous dans les chaussures. Un autodidacte de génie, qui démarra sa carrière aux côtés de David Porter et d’Otis Redding, arrangeur prolifique aux mille reprises méconnaissables, vite devenu directeur artistique du légendaire label Stax, avant d’être le premier Afro-américain à recevoir un Oscar pour la bande-originale de Shaft en 1972, le transformant ainsi en « porte-parole incontournable de la communauté noire ». Isaac Hayes, chanteur pour dames en pâmoison, en raison du souffle érotique de cette voix si grave et si troublante, crâne lisse et barbe douce, caché derrière d’épaisses lunettes noires, posant torse nu et couvert de lourdes chaînes en or - l’inventeur d’une certaine idée du bling-bling avec sa Cadillac entièrement plaquée or à 26 000 dollars, encensé pour la modernité de ses orchestrations, dépassé par sa mégalomanie, ses frasques sentimentales et des dettes abyssales, sauvé par sa force de travail surhumaine, qui connaîtra une regain de gloire en doublant le chef cuistot de South Park pendant dix ans, jusqu’à renoncer à cette collaboration fructueuse en raison de ses convictions scientologues. Le hip hop, la house et le trip hop n’auront de cesse de venir boire à la source des compositions luxuriantes de cet athlète, dont la trajectoire est aujourd’hui marquée par la parution de la toute première biographie au monde (!)Isaac Hayes, l’esprit soul, signée David Desvérité. qui vient de paraître aux éditions Le Castor Astral.

21h10 James McBride, à propos de Mets le feu et tire-toi (« Gagner la confiance de son entourage »).

21h20 James McBride lu par lui-même, Mets le feu et tire-toi (« Bra »).

21h40 James McBride à propos de Mets le feu et tire-toi (« La fortune de James Brown est aux mains de reptiles »).

21h50 James McBride, à propos de James Baldwin, I am not your Negro de Raoul Peck & Get out de Jordan Peele.

21h55 Live : James McBride & The Good Lord Bird Band, L’Oiseau du Bon Dieu (rediffusion Néo Géo, octobre 2015).

22h00 James McBride, à propos de Michael Jackson et… d’Isaac Hayes.

22h10 David Desvérité à propos d’Isaac Hayes, l’esprit soul (« Autodidacte »).

22h20 David Desvérité, à propos d’Isaac Hayes, l’esprit soul (« L'après-Martin Luther King »).

22h30 David Desvérité lu par Richard Gaitet, Isaac Hayes, l’esprit soul (« New York 1997 »).

22h50 Question de Philippe Jaenada à David Desvérité : « Où s’niche la soul ? »

22h55 Au revoir.

Traduction : Marguerite Capelle.

Une émission conçue et animée par Richard Gaitet, réalisée par Sulivan Clabaut.

Nova Book Box du 2 juin
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