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Les nouveaux déserteurs

La revue de presse de Marie Misset

La revue de presse de Marie Misset
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Présenté par Marie Misset
Tous les matins vers 8h17
Tous les matins, alors que certains s’enroulent dans leur couette et retournent leur oreiller pour avoir le côté froid, Marie Misset décortique la presse. Elle mélange les quotidiens les plus connus et les revues les plus obscures (et inversement) pour nous raconter l’histoire de l’époque. La revue de presse de Marie Misset, c’est tous les matins dans Plus près de toi, sur Nova vers 8h17.

Les nouveaux déserteurs

Pour commencer cette revue de presse, j'ai décidé de m'intéresser à un homme compagnon de route des communistes, dont le portrait est dans La Croix ce matin. Il écrit aussi pour le causeur dont la dernière une est quand meme : au bout de la rue la charia. Pourtant cet homme agace aussi puissamment le FNcible de ses romans, et du scénario du film chez nous de lucas belvaux qu'il a co-écritBref cet homme inclassable c'est L'écrivain Jerome Leroy, pour qui c'était pas forcément mieux avant, en revanche ce qui est sûr c'est que c'est pire maintenant, d'où une petite envie de s'évader.Son dernier roman un peu tard dans la saison, s'attache à des soudaines et multiples disparitions : Les gens, pfiou, du jour au lendemain, s'évapore …

Ils désertent en fait la société. Ils font défection. ils s'évaporent pour reconquérir leur liberté.  Des déserteurs à la Boris Vian, mais d'un nouveau genre.

Les déserteurs de société, ça existe évidemment déjà et parfois ils sont sdf. C'est le cas de Ervé, dont StreetPress a fait le portrait, mais aussi Libération et Ouest France. La raison de sa popularité, une activité intense sur twitter où il râle et trouve du boulot (il retape des maisons, aide aux travaux etc.)Avec peu plus de mille euros par mois, Ervé pourrait peut-être se loger - s'il en avait vraiment envie, mais l'ancien éducateur est justement un peu un déserteur façon Jerome Leroy, quoique Jerome leroy n'est pas très réseaux sociaux, "ces outils pervers de contrôle."Ainsi, il parle de ses filles à StreetPress en disant "Je vais les voir tous les we, sinon je deviens fou. Et leur maman le sait. Elle sait aussi que la rue me manque, que j'étouffe entre quatre murs"

En ce temps de froid glacial qui s'appelle l'hiver, les sdf et la rue reviennent donc dans les journaux, tel un marronnier de saison.

Le Parisien s'attache par exemple et c'est tout à son honneur, à nous expliquer ce qu'on peut faire pour les sdf. Le journaliste rappelle que c'est bien de commencer par écouter leur besoin. Bref, le conseil est sommaire mais bon : Il faut Se PARLER. et surtout - à part si on voit quelqu'un dormir en tee-shirt dehors, ne pas les réveiller, c'est assez difficile de trouver le sommeil comme ça quand on vit dehors. 

Il y a quelque jours dans streetpress paraissait un article hyper dubitatif quant à un autre moyen d'aider les sdf : L'appli we save homeless présenté au CES de Las Vegas.

De loin l'idée à l'air bonne, géolocaliser les sdf, permettre une meilleur coordination entre les associations, rationaliser l'aide, être plus efficace et plus utile. 

Irenée blogueur de Où va le web ? repris par streetpress explique pourquoi cette idée devrait rejoindre les bonnes intentionsqui pavent les routes de l'enfer

1. Et le Parisien serait d'accord. Peut-on demander leur avis aux SDF, qui sont des gens et pas des radars, avant de les géolocaliser ? Epuis comme toujours avec les données, question subsidiaire, quid de si elles tombent dans les mains d'une mairie peu compatissante plus encline à virer les sdf qu'à les aider ?

2.  Y en a marre de cette maladie du siècle qu'est le solutionnisme technologique, cette croyance qu'on va résoudre tout nos problèmes sociaux à coup d'appli et sauver le monde ou en l'occurrence les sans abri (l'appli s'appelle Save the Homeless)

3. Peut-on traiter l'extrême pauvreté par des politiques publiques dignes de ce nom ? Promouvoir les solutions technos, d'après Irenée, c'est s'éloigner du politique or "n’ayons pas peur des mots : c’est un choix politique que de laisser mourir ces milliers de gens plutôt que de leur trouver un toit et de mettre en place des politiques d’insertion efficaces (et là, il n’y a pas d’application pour ça)."

L'humanité serait tout à fait d'accord. Dans l'édition du jour, on brocarde Valérie Pécresse qui s'est fendu d'un gros communiqué en début de semaine pour dire qu'elle débloquait 100 000 euros au nom de la solidarité par ces temps de grand froid. Elle omet d'y préciser, nous dit l"huma, que dans le budget "super économe" de la région Ile de france présentée la semaine dernière, plus de 7,2 millions d'euros ont été retirés aux associations franciliennes oeuvrant pour les sans abris et les plus démunis. En 2016 déjà l'aide régionale aux sans abri avait été supprimé, en 2017 c'est le budget logement social qui a été divisé par deux. 

Un choix politique donc, et pas une fatalité. Pour reprendre une dernière fois les mots d'Irénée dans Streepress

La revue de presse du 19 janvier
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1 commentaires

Pourquoi Edouard Baer coupe toujours la parole de Marie Misset?

Eh vieux, tu es très drôle mais sois gentil et laisse parler la petite!!!

Pourquoi Edouard Baer coupe toujours la parole de Marie Misset?

Eh vieux, tu es très drôle mais sois gentil et laisse parler la petite!!!