Amer, d’Helène Cattet et Bruno Forzani
Bonne nouvelle pour ceux qui se plaignent de voir des thrillers aseptisés, reproduisant encore et encore des scénarios et réalisations formulaïques : Amer envoie bouler ces codes en préférant utiliser une machine à remonter le temps plutôt qu’une photocopieuse.
Principale étape, le giallo, ce polar italien des 70’s sadisant et ultra-stylisé, influence évidente de Cattet et Forzani. On croise aussi dans Amer, les ombres du cinéma expérimental - de Chris Marker à Kenneth Branagh, le surréalisme Belge ou la nouvelle vague japonaise.
Le couple de réalisateurs redigère ces genres, non pour les pasticher mais retrouver leur essence commune: le ressenti. La sexualité d’une femme est explorée en trois phases (l’enfance, l’adolescence, l’adulte) traduites en sensations pures, du danger à l’excitation.
Ce cinéma purement intuitif a de quoi en laisser certains n’y voir qu’une séance de grand guignol.
Impossible pour autant de le réduire à un vain exercice de style fétichiste quand Cattet & Forzani réactivent les passionnantes audaces formelles et psychologiques d’un cinéma d’avant-garde que plus personne n’osait faire. Amer stimule comme rarement le physique et l’intellect dans un conte pour adultes où Eros et Thanatos mènent une enivrante danse macabre.
Amer, d’Helène Cattet et Bruno Forzani
Sortie le 3 mars
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