ON AIR
En + grand
Société

Le gouvernement rabote les aides attribuées aux droits des femmes

C'était déjà l'un des plus petits budgets de l'État.

Le gouvernement rabote les aides attribuées aux droits des femmes

Ce nouveau gouvernement est bien décidé à faire des économies. 60 milliards en cinq ans, pour être exacts. Pour passer sous la barre des 3% de déficit public, « le train de vie des ministères » devra être réduit, dixit Gerald Darmanin. Il est temps de se serrer la ceinture, et pas seulement sur les voitures avec chauffeur. Les budgets de chaque ministère sont réduits, et les coupes sont rudes. Celles de la Défense (- 850 millions d’euros sur un total de 4,5 milliards) a valu hier à Emmanuel Macron la démission du chef d’état-major des armées.

Le ministère de l’Économie voit son budget baisser de 268 millions d’euros, 850 pour la défense, 526 pour l’intérieur. Le moment est difficile pour tous ceux qui dépendent des subventions publiques, et les associations qui combattent pour les droits des femmes ne sont pas en reste. Dimanche dernier, le JDD annonçait une potentielle coupe de 25% dans le budget alloué à l’Égalité entre les femmes et les hommes. Marlène Schiappa, secrétaire d’État dans ce domaine, s’empressait de dénoncer une « fake news ». 

 

-25% pour l'égalité femmes-hommes

Pas si fake, pourtant, puisqu’un document paru mercredi soir confirme cette baisse de 25%, c’est-à-dire 7,5 millions d’euros. Selon Le Monde, ce document obtenu par les associations féministes émane des finances publique. Il expose les différentes coupes budgétaires qui devraient être réalisées sur chaque ministère.

7,5 millions, cela reste peu par rapport d’autres coupes budgétaires. Mais le crédit alloué aux inégalités femmes-hommes est déjà l’un des plus faibles. En 2016, selon un rapport du Haut Conseil à l’Égalité, il ne représentait que 0,006% du budget de l’État. L’organisme gouvernemental tirait d’ailleurs la sonnette d’alarme sur le peu de fonds accordés aux multiples actions menées sur le territoire, et portées, souvent à bout de bras par les associations. En 2016, le budget consacré au programme pour l’égalité des sexes était de 26,9 millions d’euros, en hausse de 6,7% par rapport à l’année précédente, comme l’indiquait Le Monde. Et déjà à l’époque, le Haut Conseil pour l’Égalité recommandait de doubler ces fonds. Messieurs Darmanin, Philippe et Macron ont dû rater le memo.

"La Grande cause Nationale" mais pas trop cher

On en attendait assez peu de la part d’Emmanuel Macron depuis qu’il a retourné la veste féministe arborée pendant sa campagne en sucrant le ministère des Droits des femmes dès son arrivée au pouvoir.  

Disparus, les jours où ses discours enflammés célébraient féminisme et égalité. Le nouveau président nommait alors Marlène Schiappa Secrétaire d'État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Celle-ci reprenait les mots du candidat Macron et annonçait qu’elle ferait de l’égalité femmes-hommes une « Grande cause nationale », « comme la sécurité routière sous Jacques Chirac ». Sans vouloir mettre en doute une si belle motivation, ça a quand même l’air moyennement bien parti. 

« Mettre les associations en concurrence »

Marlène Schiappa a d’ores et déjà déclaré que le gouvernement ne toucherait pas à la somme allouée à la lutte contre les violences faites aux femmes. Ce qui, pour Osez le féminisme, revient à mettre en concurrence les autres associations pour déterminer lesquelles d’entres elles font un travail digne des subventions publiques. « Nous oeuvrons toutes pour l’égalité et prenons toutes en charge, avec déjà trop peu de moyens, des missions d’utilité publique », déclare l’association dans un communiqué. Plusieurs associations ont lancé une campagne pour interpeller Emmanuel Macron.

Certaines associations, notamment d’accompagnement et d’hébergement aux femmes victimes de violences rapportent déjà des suspensions de paiement. Le Secrétariat à l’égalité, contacté par Médiapart, affirme vérifier que ces crédits « restent bien dans nos priorités politiques ». Mediapart rapporte également une remise en cause des crédits alloués au parcours d‘aide à la sortie de la prostitution. Selon le cabinet de Marlène Schiappa, « il manque un décret du Conseil d’État » et les crédits budgétés seraient donc inutilisables. Toujours selon Médiapart, les cinq décrets nécessaires sont pourtant publiés

Invisibilisation ? 

« Ce sous-financement s’explique en partie par un tabou culturel entourant les rapports des femmes à l’argent, ainsi que par une inégale répartition du pouvoir politique et financier, biaisant les priorités et l’allocation des ressources », expliquait dans son rapport le HCE en 2016, rappelant que, paradoxalement, les violences faites aux femmes avaient un coût pour l’État. Celui-ci ne cesse d’augmenter, en réponse aux peu de moyens accordés pour les combattre.  

De son côté, le cabinet de Marlène Schiappa insiste sur la dimension inter-ministérielle du travail pour l’égalité. « Par exemple, les interventions en milieu scolaire portant sur l’égalité hommes-femmes seront portées par le ministère de l’éducation. (...) La grande cause nationale, financée par l’Elysée et Matignon, apportera un budget supplémentaire pour le droit des femmes. Au lieu d’avoir un seul budget sous un seul ministère, nous avons une addition de budgets. »  

Les mauvaises langues diront que cette manoeuvre ne laisse que peu de responsabilités et de visibilité à un secrétariat qui n’est déjà plus un ministère, et à une secrétaire déjà prise en grippe par une grande partie de l’opinion publique, dans la droite lignée de Najat Vallaud-Belkacem. 

Visuel : (c) DR

 

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires
Société
Au Liban, une grande victoire pour les droits des femmes
Jeudi 17 août 2017
La fin d'une loi archaïque et l'affirmation d'un mouvement féministe.
1
Société
L'élection de Macron, vu par Nova.
Mardi 09 mai 2017
Macron plutôt que Le Pen.
Vidéo
Les débats politiques les plus violents de l’histoire
Mercredi 03 mai 2017
Avant le débat Macron-Le Pen, on fait le point.
Société
Le premier tour, selon Nova
Vendredi 21 avril 2017
À notre manière, on fait le point.
Vidéo
« Inviter seulement 5 candidats sur 11, c’est choquant »
Lundi 20 mars 2017
Dominique Reynié et le débat télévisé de ce soir, sur TF1.
Vidéo
Emmanuel Macron, candidat chanceux ?
Mercredi 01 mars 2017
L'analyse de Grégoire Biseau dans Plus Près De Toi.
#_!!@?\
Silicon Valley et extrême droite préparent la guerre
Vendredi 11 août 2017
Donald et Kim Jong-un peuvent aller se rhabiller.
Musique
Aujourd’hui, Google vous apprend à mixer avec un tuto virtuel
Vendredi 11 août 2017
Pour l’anniversaire d’une block party organisée par Dj Kool Herc.
Musique
Un mixtape d’ "Acid Kuduro" par Tyler Pope d’LCD Soundsystem
Mardi 08 août 2017
La rencontre du Kuduro et de l'acid house.
1
Musique
Le Tempo Latino vu de l'intérieur !
Jeudi 27 juillet 2017
Toute l'Amérique latine et encore plus depuis Vic-Fezensac.
Livres
À Marseille, le rock
Mercredi 26 juillet 2017
Vingt ans d’aventures emportées par le temps...
Société
Ce sera comment Montréal dans 375 ans ?
Lundi 24 juillet 2017
Armel Hemme a posé la question à ceux qui façonnent Montréal.
Musique
La techno underground new-yorkaise à Ivry
Jeudi 20 juillet 2017
C’est samedi, dans une friche encore tenue secrète.
Société
Au Liban, une grande victoire pour les droits des femmes
Jeudi 17 août 2017
La fin d'une loi archaïque et l'affirmation d'un mouvement féministe.
Société
Mardi 25 juillet 2017
On a tous le droit à l'erreur.
Société
Ce sera comment Montréal dans 375 ans ?
Lundi 24 juillet 2017
Armel Hemme a posé la question à ceux qui façonnent Montréal.