J'étais au concert de Lee Fields
Le Georges Abitbol de la soul a assuré. Comme d'habitude
L’homme le mieux sapé de la soul était de retour dans la capitale après la sortie de son deuxième album chez les New Yorkais de Truth & Soul. Après la Maroquinerie, c’est sur la scène du Trabendo que Lee Fields va brûler les planches de sa voix incandescente.
Ainsi, comme à l’accoutumée, les Expressions dégainent avec quelques instrumentaux dont les Dave Guy et confrères sont depuis bien longtemps passés maîtres. Le Thinking Black du romantique Ike Turner, un classique désormais dans les concerts soul/funk, allume la mèche.
Des flèches à briser des cœurs de pierres et même des pacemakers
Après cet interlude instrumental entrent en scène les deux nouvelles sirènes de Truth & Soul, Nicole Wray et Terri Walker qui égrènent leurs compositions entrecoupées de quelques mots en français afin de satisfaire notre chauvinisme. Le duo - qui revêt parfois les accents de Wendy Rene - assure un joli warm up.
C’est alors Lee Fields débarque dans une salle chauffée à blanc comme ses costards. Bien que son backing band se nomme les Expressions, ce n’est surement pas en référence à la tête qu’ils font durant leurs concerts. Les hommes de l’ombre restent impassibles, laissant à Lee Fields le monopole de toutes les contorsions faciales et corporelles.
En effet « Little J.B. » n’a en rien usurpé son surnom et le prouve en effectuant quelques pas de danse dont l’œil humain ne peut, à vitesse réel,le cerner tous les mouvements. Il enchaine alors les titres comme les perles dans un répertoire estampillé soul brute et profonde avec pour incipit Love Comes and Goes.
L’homme qui susurre à l’oreille des femmes décoche alors ses flèches une à une portant des noms tels que Honey Dove, I Still Got It, Wish You Were Here et autres Still Hanging On. Des flèches à briser des cœurs de pierres et même des pacemakers.
L’homme rend fou son public et plus particulièrement un pauvre quidam déboussolé par quelques Bucklers bues à la hâte et qui se fera vider après avoir interrompu le concert et s’être fait enguirlander par Dave Guy himself sous les applaudissements de la foule.
D’une voix burinée par la vie, le Georges Abitbol de la soul donnera pour la postérité deux immenses versions de Faithful Man et Could Have Been avec des finish qu’on aurait aimés interminables.
Plus tard dans la soirée des voix s’élèveront, regrettant que Lee Fields ne soit pas programmé plusieurs soirs de suite … en effet, cela devrait être déclaré d’utilité publique.



























