Baron Retif & Concepcion Perez
Meilleurs Espoirs Masculins
Ca y est, la deuxième édition du Concours Jeunes Talents Caisse d’Épargne a débuté. L’idée : une cinquantaine de salles de concert dans toute la France défendent chacune un poulain.
À la manière de ces écuries au bec fin, pour cette édition #02, Radio Nova supporte elle-même son meilleur espoir. On a choisi Baron Retif & Concepcion Perez.
Peu d’infos circulent sur ce duo dub codéiné encore inconnu au bataillon.
Wikipédia ?
Baron : (nm) Titre de noblesse. Baron serait dérivé du vieil allemand bar qui signifie homme libre[…] sinon, celui qui frappe et qui tue viendrait de l'allemand Bär (ours).
Retif : (adj) Qui s’arrête ou qui recule au lieu d’avancer. Se dit d’un cheval. Qui est indocile, difficile à conduire, à persuader.
Concepción : (nom prop) Ville du centre-sud du Chili, capitale de la Región del Biobío (région VIII). Elle constitue la deuxième agglomération du pays en termes économique et de population.
Perez ou Pérez est un patronyme d'origine espagnole très répandu, il signifie fils de Pedro (Pierre). C'est ainsi le huitième nom le plus porté en Espagne. Il a été porté par un écrivain jésuite uruguayen, un colonel français, un zoologiste péruvien, un président du Venezuela, un cycliste espagnol (et un tas d'autres gars).
Donc on a un aristo indocile et une mégalopole hispanophone très répandue. « Ce sont nos vrais noms ; pourquoi, faut demander à nos parents ». Tu parles. Shemale chimères, ces deux blasons transgenres sont plutôt la garantie d’un artisanat jusqu’au-boutiste. Baron et Concepcion (BR&CP ) fabriquent tout, du son jusqu’au support du son, en passant par leurs noms.
Et la formation : « On peut lire tellement de choses, la rencontre entre un producteur de café et un aiguilleur du ciel… Ce qu'il en est vraiment c'est qu'on joue ensemble depuis quinze ans, depuis le lycée. »
Après un maxi Superman, ils font leurs premières armes l’année dernière en sortant l’EP Cassette mouillée sur…K7 audio. Bruit vintage réussi. Bonne presse tout ça. Tous deux multi-instrumentistes, ils sont revenus cette année avec l’album – dans le sens homogène du terme – Cascades, chez Musique Large (label de Rekick et Fulgeance, introduit par le super Heavenly Sweetness (Blundetto, Guts…)).
Cascades bounce, Cascades culbute. Entre le maelström Rnb furieux d'un The Weeknd ou d’un Machindrum et des textures vintage, bien plus « french touch ». Comme une prod de Frank Ocean VS la sexualité de Sébastien Tellier.
Les claviers moites 80’s, funambules, aériens, se décrochent pour venir s’écraser sur des basses souterraines. Qui tabassent. (Voilà pour la poésie du chroniqueur musical).
On dirait de la house music ou de la funk, mais sous codéine, screwed and chopped par des producteurs de Houston (exemple). Le cœur de l’oscillateur balance entre le dub et le hip-hop.
Les influences qu'ils déballent appuient ce mélange. Dans leurs oreilles, une belle érudition, une certaine honnêteté aussi : Herbie Hancock, ESG, Yussef Lateef, Jacques Dutronc, Ahmad Jamal, Bob Marley, Dave Pike, Notorious BIG, Prince Buster, Carlos Nino...Un biberon trié sur le volet.
Faites-vous votre idée avec le splendide morceau d'ouverture de Cascades : Neptune.
Le communiqué de presse himself a du mal à caser son bébé : « hip-jazz after-beat dub ». Sur le site d’Esprit Musique, le groupe boxe dans la catégorie « Hip hop ». « C'est bien comme case le hip-hop. Il y a autant de rap que de funk ou d'électronique ou quoi dans ce qu'on joue. Mais faire des instrus de rap, ça nous plaît. »
BR&CP créent d’ailleurs comme des beatmakers. « Ça part souvent d'un beat et/ou d'une basse, on construit autour, c'est très long. Ça se passe dans une cave avec du matériel des années 80, et presque toujours les mêmes instruments, un Fender Rhodes, des claviers analogiques, des caisses claires de collection, des cymbales en or etc… on enregistre en overdub, chaque prise reste entière et brute, ensuite on mixe avec tout un tas de vieilles boites qu'on a eu sur ebay. »
Des artisans, doublés de purisme. Cet enregistrement d'orfèvre quasi acoustique, couche par couche, pourrait poser un souci pour la version live du duo: « on a pas envie qu'un truc tourne derrière, pour que les concerts restent libres et vrais... Il y a plusieurs synthés, qu'il faut pouvoir jouer en même temps en plus des effets, ça fait pas mal de boutons; puis on a échantillonné nos propres enregistrements".
C’est donc un vrai live des deux producteurs du -1 que verront une poignée de chanceux Bordelais ce vendredi 2 novembre. Pour une Nuit Zébrée de Nova ça va de soi.
Les Parisiens ont déjà pu croiser BR&CP en première partie du vaudou Gonjasufi, pas mal non plus dans le genre hybridation. Sur scène, le duo a une touche SBTRKT - une suggestion de présentation live similaire, quoique plus analogique que le producteur londonien. Baron le batteur en opération coup de poing sur ses batteries pendant que l’immaculé Concepcion opère derrière les machines.
Comme tout bon producteur, leurs tracks accompagnent parfaitement des MC. C’est le cas sur la jolie Miami.
Prochain MC sur la liste : le bien-aimé Rocé. Les deux ont signé une prod sur son prochain album prévu pour 2013. Dans les starting blocks aussi : "on vient de terminer un remix pour Jaracanda Muse, un groupe soul africain chez Heavenly Sweetness." Une affaire qui roule, donc.
Pour soutenir notre espoir Baron Retif & Concepcion Perez, ça se passe ici sur le site d'Esprit Musique.
Toute l'année.
Réécoutez aussi leur mix "synthétique sauvage" qui porte bien son nom dans les podcasts du Nova Club par là.
Et pour les voir en concert, c'est ce vendredi au Rocher de Palmer à Bordeaux, gratuit comme une Nuit Zébrée, et en direct sur Radio Nova.




























