THE WIRE : gangsta rap mais pas que
Petit guide musical de la série de David Simon
David Simon écrit. Des articles, des livres, et surtout des séries. Et pas n’importe lesquelles : c’est le créateur de la cultissime The Wire et de la très prometteuse Treme. Deux projets qui s’attachent chacun à dresser le portrait d’une ville – Baltimore pour The Wire, la Nouvelle-Orléans pour Treme. Le résultat est précis, réaliste, presque documentaire...
Rien n’est laissé au hasard, et surtout pas la musique, qui contribue à dépeindre la réalité d’une ville dans toute sa complexité.
La musique est omniprésente dans l’œuvre de Simon et pourtant, ni Treme ni The Wire ne présentent de bande-son à proprement parler. Aucune illustration sonore, seulement de la musique qui émane directement de l’action – pour faire compliqué, on peut parler de la musique diégétique, c’est-à-dire qui existe à l’intérieur des scènes et que les personnages entendent de la même façon que le téléspectateur.
Blake Leyh, superviseur musical des deux séries, explique que « la musique est uniquement utilisée pour recréer la réalité, donner une meilleure idée de l’environnement dans lequel les personnages évoluent ». Pas de musique apposée sur l’image pour souligner le suspense, l’action ou les sentiments : un vrai parti-pris.
The Wire : gangsta rap mais pas que
Dans The Wire, la musique participe à définir les différentes catégories de personnages et leurs univers. Hip-hop pour les gamins des rues, soul sexy pour leurs copines, rock seventies pour les dockers, irlandais pour les policiers...
A chacun sa bande-son : dis-moi ce que tu écoutes, je te dirai qui tu es.
D’ailleurs, c’est en musique que l’acteur Michael K. Williams a préparé son personnage de robin des bois du ghetto, Omar Little – il a dévoilé sa playlist sur Spotify pour Vulture.
Le générique est le seul son extradiégétique que l’on peut entendre dans The Wire (oui, vous allez pouvoir vous la péter avec tout ce vocabulaire). Il s’agit de la chanson « Way Down in the Hole » de Tom Waits, parue en 1987 sur l’album Franks Wild Years, reprise par différents artistes.
5 saisons, 5 génériques, 5 interprètes de la même chanson : dans l’ordre, The Blind Boys of Alabama, Tom Waits lui-même, The Neville Brothers, DoMaJe et Steve Earle.
A part le générique donc, l’ensemble de la musique est intégré à l’action. Les trajets en voiture font partie du quotidien à Baltimore : le son des autoradios est ainsi omniprésent.
Saison 1, épisode 10 : Kima passe tout près de la mort car ses collègues ne peuvent l’entendre parler dans sa radio – la faute à Savino qui a mis « Hater Players » de Black Star à fond dans la voiture.
Saison 1, épisode 11 : D’Angelo Barksdale est au volant sur la route de Phildelphie. Il s’approche avec Wee-Bey d’un véritable bain de sang laissé par des affrontements entre gangs. En fond sonore, la radio envoie « Unfriendly Game » de Masta Ace ft. Strickland.
Mais The Wire, ce ne sont pas que des gangsters, du rap et des autoradios. Ce sont aussi des flics qui chantent les Pogues en hommage à ceux des leurs qui sont tombés (saison 3, épisode 3).
Dans la saison 2, les dockers travaillent quant à eux sur fond « Sixteen Tons » des Nighthawks, dans la saison 2.
Au final, The Wire, c’est la B.O. d’une ville, celle de Baltimore, et donc la mise en avant de la scène locale. Des morceaux certifiés Made In Baltimore, qui furent compilés en 2008 dans l’album « Beyond Hamsterdam : Baltimore Tracks From The Wire ».
En voici un exemple, par Lafayette Gilchrist.
Lire l'article sur TREME et sa musique.
Deux villes, deux séries, deux bandes-son à la fois foisonnantes, pointues et pertinentes.
On n’a plus qu’à dire chapeau et merci, David Simon.




























1 commentaires
S1E11 Je ne sais pas où vous avez vu un bain de sang. Wee Bey emmène D'Angelo chez lui pour qu'il nourrisse ses poissons pendant qu'il fait profil bas à Philadelphie. C'est là que la musique "Unfriendly Game" se fait entendre. Après seulement il lui dit qu'il va l'emmener à Philly et ramener le camion à Baltimore.
S1E11 Je ne sais pas où vous avez vu un bain de sang. Wee Bey emmène D'Angelo chez lui pour qu'il nourrisse ses poissons pendant qu'il fait profil bas à Philadelphie. C'est là que la musique "Unfriendly Game" se fait entendre. Après seulement il... Lire la suite