RKK Brasil Tour (6)
São Paulo, ses quelques 25 millions d’habitants (avec sa banlieue proliférante), son titre de capitale externe du nordeste, ses tours en croissance verticale galopante et ses bouchons atomiques, autant de temps pour faire 1800 km depuis Salvador que pour les 50 km entre l’aéroport et le centre... 2h30 ! Mais aussi, le charme de la nuit, par exemple l’exubérante Rua Augusta, où se côtoient punks, travestis, gosses de bobo, putes, adeptes du forrò, le bal nordestin, tribu electro, cadres décravatés. Quel beau travelling que ce concentré de Brésil sur même pas 1 kilomètre. Un grand plaisir de humer l’air de l’Augusta, quelques décennies plus tard.
Pour mon 1° São Paulo, en 80, j’étais tombé en pleine grève des ouvriers de la banlieue ouvrière, c’était encore le dictature militaire, à l’époque, journaliste pour Libé, j’avais assisté en direct à l’émergence d’un leader ouvrier charismatique, un certain... Lula. J’avais conté tout cela dans deux longs papiers titrés “La folle samba des métallos de São Paulo”. Et en même temps, j’avais découvert l’underground pauliste d’Arrigô Barnabé, sorte de mix tropical, musical et burlesque de Zappa et Magma. Deux univers de cette ville qui résument la schizophrénie ambiante.
Retour sur ce week end ultime de la tournée Station Brasil, dans l’impeccable théâtre du SESC Pinheiros avec samedi une répétition des croisements de Brasilia, Bertignac avec les rockers brésiliens Scandurra et Arnaldo Antunes, puis Spleen avec Isca de Policia. Si vous croisez Spleen quelque part dans Paris, demandez-lui de vous raconter son Brésil, le garçon a toujours un regard singulier. Et dimanche, deux rencontres inédites, d’abord Jeanne Cherhal, toujours disponible pour de nouvelles aventures : avec Tom Zé, elle a été servie, il a “duotté” avec application et espièglerie sur le tube de la donzelle, “Voilà voilà” (photo ci-dessus), avant de meubler à sa façon le temps mort du changement de plateau, puis de partir sur un hallucinant best of de son auto-surréalisme. Scotchant même quand on ne comprend pas la langue.
Enfin, Nana Vasconcelos, déjà présent à Recife, mais cette fois d’abord en solo percussif, où il nous fait la forêt, ma mer, la ville et, avec le public, la pluie qui tombe en rafale. Puis en duo ébouriffant avec Sandra Nkake (photo ci-dessus). A ce moment, ce n’est plus la soul sista qu’on connaît, mais une créature aux effets vocaux vertigineux, où on se cramponne aux lianes, un peu comme si la diva Yma Sumac revenait sans le barnum hollywoodien, quasi-nue dans les sous bois. Le public était littéralement pétrifié. Après ça, Sandra a enchaîné sur son show, l’assistance n’avait plus qu’à déguster. Et à lui souhaiter en chœur énergique “Bon anniversaire”. Quelle belle manière d’ajouter un printemps à son compte.
Deux mots, pour finir (ben oui, il faut plier bagage !). D’abord le plaisir de voyager avec les musiciens de ces groupes français, qui presque tous découvraient le Brésil et la musicalité l’air ambiant, donc curieux et gourmands. Et un énorme big up à Matthieu Rougé qui a plus que maintenu, fait briller cet improbable projet, avec sa pétillante équipe (oba garotas !) de “Station Brésil”. Bref, un bon esprit qui a triomphé des scepticismes.
Pour les parisiens, rendez-vous jeudi 19 à 23h au Comedy Club, avec la chanteuse Sheyla Costa + ma valise de skeuds nouveaux do Brasil. Puis, bientôt, sur les ondes de Nova, pour un best of de cette tournée. Comme on écrit au Brésil, Tchaù !!!
Merci à Julio Kohl pour les photos
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Salut mon chér Remy !!!!!! toujours 100% Brasil J'adore ,un beijo grande para voçe une amie péruvienne,(Gisela)