Portrait de RKK

RKK à Shanghai - 2

lundi 28 juin 2010 - RKK
2010-06-28

Ca y est, Matthieu Chedid est reparti avec sa (big) bande, cap sur Hong Kong, en compagnie de Gaëlle Massicot-Bitty, de Culture France, qui s’est battue un an durant pour que cette tournée chinoise voie le jour (big up !).
Le départ de la troupe fait un certain vide, que Gabriel et Clément, les jeunes assistants du consulat, bien branchés musique, se proposent de combler. Ils m’embarquent sur le Bund, le quai mythique de la concession internationale, au bord de la rivière Huangpu pour déjeuner chez Mr & Mrs Bund, restaurant gastronomique français, juste au dessous de la Maison Rouge, club mode les nouveaux riches chinois.
Foie gras (chinois) avec crumble, divin. Serveurs et jeans et bretelles (tiens ?), fauteuils design et... musique... euh... exotique : “Si j’avais un marteau” by Cloclo, et puis Dalida ou Joe Dassin. Faudrait revoir la BO, pour accompgner cette cuisine choc..

Le soir, je retrouve Jean Brice, un des quelques 15 à 20 000 Français de Shanghai, qui s’activent dans la comm’, la direction de bars, la prog de lieux à musique ou, comme lui, dans la video. Il est là depuis 3 ans et n’a aucune envie de partir, même s’il a parfois du mal avec la compétition forcenée : “la politique de l’enfant unique fait d’eux des rois, mais du coup les parents investissent à mort sur leur descendance, ils veulent en faire des winners à tout prix”. Bigre !
Il nous emmène au Logo, un bar branché, super tagué. Sur l’écran géant, France - Afrique du sud, oui, “ze” match, sur fond de mix deep house qui sonne creux. Les six clients (!) s’en foutent, du mix comme du match. But pour l’Afrique du Sud ! Indifférence totale. On glisse sur un bar à côté, l’Anar !!! Un peu plus fréquenté avec une chanteuse entre jazzy et new soul en live. Et, toujours, les écrans géants que personne ne mate.
Fin du calvaire, France go home mais la Chine s’en fout.

A Shanghai comme dans toute la Chine, l’infiniment grand voisine avec le microscopique. Avec Martine-de-l’ambassade, on flâne dans le Yu Garden, une foultitude d’échoppes entre 2 et 4 mètres carrés, et sur le trottoirs, on nous apostrophe dans un charabia anglais, pour tout nous vendre, surtout la hideuse mascotte de Shanghai 2010.
Règle d’or que Martine pratique avec maestria, en chinois bien sûr : on marchande tout, tout le temps. Elle s’en tire à merveille, le quart du prix de départ, je remplis ma besace et m’offre une montre Mao-qui-fait-coucou. Plus tard, Jazzamar, le DJ français du coin (voir 1° chronique Shanghai) m’embarque pour acheter des CD à prix mini. Stupeur, en arrivant, le magasin de disques et video a fait place à une... quincaillerie. Une descente de flics est passée par là, on moralise le petit commerce pendant l’expo universelle.
En parlementant, Jazzamar fait sortir des cartons de CDs, entre cuvettes et plomberie ! Ca provient de stocks de faillites de magasins japonais, voilà que surgit le coffret de l’intégrale d’IAM ! Je fais main basse sur Warda et Fairouz, les divas orientales, Jan & Dean, la surf music des sixties, un “love songs” de Marvin Gaye et autres prises improbables, Jazzamar marchande, 8 CDs pour 3 €.
Je retrouve Jazzamar pour mon dernier soir, dans sa “niche”, le bar où il programme et mixe 3 soirs par semaine tout en haut du Grand Hyatt, au 92° étage (et pas 82”, comme écrit précédemment), un gratte ciel dont le top ressemble à un décapsuleur (cf photo ci-dessus). Le plus haut bar du monde, à ce qu’on dit. Ce soir, c’est “Lady’s night”. Sur scène, un groupe rock & soul  d’expat’ égrene les reprises tubesques, plus Lady Gaga que James Brown ou Rolling Stones (eh ! Oui, les Chinois n’ont pas les références planétaire du rock sixties ou seventies, à l’époque, la Chine était cadenassée).
Les jeunes Chinoises sont du genre hystéro sur le dancefloor. Moi, j’ai le vertige, avec Shanghai aux pieds mais, champagne aidant, quand Jazzamar me confie les platines, je navigue entre electro balkanique (Abraham Inc), oriental (le nouvel ONB, “Rock the Casbah” par Rachid Taha) et l’ElektropiK latino ou brésilien, toutes choses totalement inconnues des Chinois, et, incroyable, ça marche, le dancefloor ne désemplit pas.
Je peux aller me coucher (au... seulement... 28° étage !), je peux rentrer au bercail parisien. Ah ! J’oubliais... avant de partir, je demande au concierge de l’hôtel de m’écrire en chinois ma devise... “Mao un jour, mambo toujours”. Il a l’air gêné, dit qu’il ne comprend pas... C’est que dans le hall, il y  toujours 2 ou 3 flics qui matent. Je n’insiste pas, finalement, en rentrant à Paris, j’ai trouvé : 一日毛主席永远曼波舞 .
Si vous repérez une faute, n’hésitez pas à me dire...

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