Montréal, Jour 3: Radio Radio
Imaginez Les Inconnus qui incarneraient les Naïve New Beaters: "La banlieue c'est pas rose, la banlieue c'est morose". Un fantasme qui existe ici au Québec.
Le trio Radio Radio incarne à merveille cette image d'un groupe de rap décomplexé à l'humour décapant. Quel bonheur de voir sur scène trois clowns qui n'ont pas grandi depuis les années 90 et qui ne se prennent absolument pas au sérieux.
Lunettes de soleil et génuflexions travaillées, ils écument un flow extrêmement véloce et maîtrisé, assumant sans complexes de rappeurs français. En français certes, mais dans des textes énigmatiques et avec un accent à couper au couteau que même le public ne comprend pas vraiment, mais c'est pas grave.
En demandant à les rencontrer je m'attendais à trois énergumènes un peu mal élevés ambiance je mets mes doigts dans le nez devant la dame... Mais ils sont aussi généreux et organisés sur scène que dans leurs têtes. La culture canadienne y est sûrement pour quelque chose. "La grosse drogue qui est tout le temps là c'est l'amour puis la vie, la big one". Avec un tel credo ça fait forcément d'eux des enfants de choeur. Les choses s'éclairent alors quand ils me parlent de leur père spirituel, celui dont tout semble être parti, Kenny G "celui qui a la face avec des frises tu connais?".
J'ai menti, je ne connaissais pas, mais c'est une découverte.
Kenny G c'est comme si Candeloro se mettait au saxo pour un générique d'Amour Gloire & Beauté. Écoutez-les en parler c'est vraiment émouvant (bonus itw ci-dessous).
Puis ils me font part de leur besoin de s'exprimer corporellement "dans le premier album on portait des pulls, des manteaux, et dans la mesure où ça avance on a juste envie de se déshabiller, le troisième album on va juste avoir comme une toge ou quelque chose comme ça, pieds-nus là." Ils feraient un carton en France, d'ailleurs leur culture musicale française passe de Disiz La Peste à Aznavour qui les a réconciliés avec l'Arménie, ou encore Gainsbourg et Brassens.
Ils trouvent les chansonniers français romantiques pourtant ça n'est pas vraiment l'exaltation amoureuse qui frappe à la première écoute de leurs albums. Finalement ils ont tout compris, ils se racontent des histoires et ils les transmettent dans un hip-hop électro bizarre: "On a rencontré un gars dans un café en Nouvelle Ecosse près de Lunenberg, il nous a conté sa vie et pour chaque histoire il avait une métaphore, ça nous a beaucoup influencé. Il a dit qu'il s'appelait Belmundo, il avait un air de noblesse alors on a fait de lui un super héros et on a appelé notre deuxième album "Belmundo Regal". C'est un homme new age que tout le monde aime, autant avec les pygmées qu'avec les ambassadeurs".
Cette dernière remarque c'est cadeau, à vous de décrypter. Ils ont raison, au Québec ils "représentent le manque de représentation", et avec un peu de chance ça sera le cas en France aussi, parce qu'il est bon de pouvoir enfin vraiment rire à un concert de rap.
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Radio Radio! J'ai decouvert ca a mon arrivee a Montreal, j'en suis devenue une enorme fan! Oui j'ai grossi en meme temps que j'ai ecoute leur musique... et alors?
Meme si on ne comprend pas la moitie des paroles, gros mix de francais-acadien et anglais, le beat est bon!
Bien contente en tous cas de voir NOVA en parler!
Ils passent aux Eurokeennes de Belfort cette annee!
<3 radio radio
Bizarre qu'il n'y ait pas de commentaires...alors que j'en ai déjà laissé 2
mais peut être ne laisse t'on apparaître que les commentaires favorables !!!!
Il n'y avait pas d'autres sujets + intéressants ? un bien long déplacement pour peu de choses