Les pieds sur Terre - Un tour en Afrique (2)
Hiver 2010, je vais traverser la mer Méditerranée en partant de Marseille. Et puis de Dakar, parcourir l’Afrique de l’ouest. Je pars à l’aventure, sur la route, au gré des rencontres. Avec le matériel nécessaire pour organiser des ateliers de peinture de rue avec les enfants. Mon carnet à dessins en main, les yeux et les oreilles grand ouverts.
9h maintenant. Après 4 cafés, j'attends Oussman qui est chargé par Alassane de m'apporter 12 bouteilles d'eau minérale, 20 canettes de jus de fruits divers, un poulet frites, une salade et du bœuf sauce piquante avec des frites.
J'ai renoncé à l'idée de faire comprendre à Alassane que c'est beaucoup trop, d'ailleurs les jus sont très bon. Oussman arrive enfin, je peux filer au centre d'entraide sociale de Kar Yalla Taiba, je suis à la bourre, 9h30, j'arrive, m'excuse de mon retard, le maître et les maîtresses ont préparé l'atelier : royal. Ça commence, les enfants sont prêts.
Au tableau dans la classe des grands : « la paresse est un défaut dans la vie de l'homme, un enfant doit toujours combattre ce mauvais comportement ».
Cette deuxième séance de peinture est un réel plaisir, les choses sont prises en main par les enseignants, je peux me consacrer totalement aux enfants, ils sont adorables, un groupe de petites filles me chante "petit papa noël" version rythmée, ils veulent tous me serrer la main.
Leurs peintures sont vraiment magnifiques, à part un atelier avec une maîtresse qui persiste à leur faire des dessins ou les enfants n'ont plus qu'à colorier ; les autres enseignants sont à fond, ils ont chopé le truc, ils s'émerveillent comme moi du résultat et de ce qui se passe sous nos yeux, les enfants habitués maintenant sont beaucoup moins timides, comme à Marseille, dans les quartiers, les petits noirs sont fascinés par ma pilosité, lorsque je m'arrête plein de petites mains, me tire les poils, des jambes, des bras, ça les éclate.
Les enfants par petits groupes s'amusent, ils s'approchent, les filles en me serrant la main me font une révérence, j'apprends que c'est la tradition, les petits mecs m'en tapent 5.
Samedi 13 février, je suis réveillé par Mohamed 4 ans, mon petit voisin, qui sonne comme un dingue à ma porte "tonton charles, ze veux faire de la peinture".
Sa maman est dans l'escalier, elle le suit péniblement, me demande si ça ne me dérange pas, je suis mort de rire, il est incroyable, j'installe le matos, il peint.
Nous sommes tous les deux. Au bout de 10 minutes, il arrête, visite l'appartement, il court partout, touche à tout, une boule de nerfs, il revient sur la terrasse, me montre des figures de karaté, ses parents l'y ont inscrit en espérant canaliser sont énergie, il repart en courant à l'intérieur, fascinant, il ressort avec un manche à balais et fouette l'air, tape partout et surtout sur les fils à linge.
Il monte sur une chaise pour regarder par dessus le garde corps, le paysage "les oiseaux, les oiseaux", il repart en courant, fait 15 fois le tour de la terrasse en courant, il me tue.
Je dessine le chantier d'en bas, descends pour envoyer ça au reste du monde, Cheikh Sidya qui m'a repéré pendant que je dessinais veut voir son chantier « ah on va voir la main levée de monsieur charles » ; entouré de ses ouvriers, ils regardent mon dessin de leur travail, ils sont morts de rire de se voir, c'est trop bon, j'ai gagné leur sympathie (cf peinture ci-dessus).
Fin de journée, retransmission à la télé de la cérémonie des 50 ans de l'indépendance du sénégal "un peuple, un but, une foi".
(à suivre sur NovaPlanet et sur le Facebook de Un Charles).
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