Les Whitefield Brothers luttent contre la technologie
En me rendant au club de la Bellevilloise jeudi soir, je ne savais pas exactement à quoi m’attendre...
Le disque "Earthology" des Whitefield Brothers était bon, mais sa retranscription en concert me laissait dubitatif.
Après une bonne heure d’attente, le concert pouvait commencer. Tout de suite une atmosphère jazzy teintée de raw funk - c’est ainsi que les munichois définissent leur son - émanait des premières notes de la section cuivre des Whitefield Brothers et dissipait mes doutes.
Des sonorités venues des quatre coins du monde, inspirées par leurs voyages et leurs nombreuses collaborations pour la réalisation de leur dernier album.
Ce grain, ce son un peu sale (dans le bon sens du terme) me rappelait fortement l’album de Mulatu Atsake dans les compilations Ethiopiques. Un son cuivré, chaud, celui qui faisait danser les foules d’Addis Abeba.
La section basse était jouée par le clavier, ce qui rappelait les bonnes vieilles basses des Doors et ajoutait un peu de groove au répertoire du soir. Son compère à la batterie, aux sonorités très jazz, renforçait ce son « éthiopique » et finissait de nous transporter dans la corne de l’Afrique.
Leur exploration sonore n’en finissait plus, et les divers instruments africains donnaient de magnifiques et insoupçonnées couleurs à la Bellevilloise.
Ce voyage musical dura deux heures avant que l’alarme ne se déclenche en plein set et vienne détruire cette alchimie, pour un temps seulement. Les Whitefield Brothers continuaient à jouer comme si de rien n’était, et leur funk prenait des allures de guerrière contre ce son strident, et refusant cette sonorité barbare imposée.
Et, comme si la malchance n’avait pas bien fait son boulot, elle décida de couper le courant, laissant la section basse totalement désarmée. Les cuivres, aidés par la batterie, prirent alors les choses en main et livrèrent combat, dans la salle, en plein milieu des voyageurs parisiens qui participaient eux aussi à cette joute contre la technologie défaillante.
Au final un bien bon concert, gagné au gratos de Nova.
Merci Nova!






















Yes !
Et les images ici :
http://sonidoblundetto.blogspot.com/2010/03/whitefield-brothers.html