Rocé, part 3 : Freestyle et leçon de beat box
Après Rocé-espoir-du-rap-français et Rocé-se-barre-en-free-jazz, le rappeur de Bab El Oued revient avec un troisième album qui renoue avec le hip hop originel. Rocé a mûri, il se pose des questions et développe les thèmes du voyage immobile et de l’ouverture aux autres dans « L’Être Humain & Le Réverbère ». Troisième album, troisième virage dans la carrière du MC ; Rocé reste fidèle a lui-même.
Cependant, quelque chose a changé : Rocé se met en avant. Lui qui cachait sa frite derrière des covers d’albums réalisées par des graffeurs s’affiche en gros plan sur celle du dernier. Petite moustache, bouc, chapeau, Rocé a changé de style. Il rappe désormais sur ses propres productions. Le rappeur s’affirme et parle dans cet opus de l’homme : « Je trouve de plus en plus que les gens s’ouvrent de moins en moins. Ils aiment bien partager ce qu’ils savent, mais on dirait qu’à partir d’un certain âge, ils refusent d’apprendre ».
Lui qui a toujours prôné l’abolition de toutes les frontières (géographiques comme mentales) se retrouve confronté à un monde d’adulte qui se referme sur lui-même, estimant qu’il n’a rien à apprendre des autres, et ça l’emmerde : « L’être humain est devenu un réverbère : il ne se déplace plus, il éclaire juste sa rue ».
Toujours philosophe, Rocé sait rendre concrètes des images. Lui voyage par la poésie, à défaut d’avoir le temps et l’argent de passer sa vie aux quatre coins du globe. Son album s’ouvre par le « Carnet de Voyages d’un Être sur Place ». Le message est clair. Il enchaine avec le « Savoir en Kimono » où Rocé allume ceux qui adorent sans connaître : « On retient le nom mais on oublie la technique » (voir clip). En d’autres termes, il ne suffit pas de porter un T-shirt Che Guevara pour être un rebelle.
Rocé a toujours eu cette plume qui lui permet de dénoncer de manière élégante, presque polie. De parler de choses grave sans tomber dans le lourd. Et avec ce petit truc en plus qu’il n’utilise pas de gros mots. Pas un dans tout l’album. Ça méritait au moins d’être signalé.
Avec cet album déjà dans les bacs, Rocé poursuit son sans faute, son parcours à part dans le milieu du rap français. Douze morceaux, pas un à jeter. Du fond, de la forme, de la poésie, de bonnes instrus. Rocé hallucine du monde dans lequel on vit, il apporte sa contribution à ceux qui pensent que les hommes peuvent changer.
J’ai cherché quelque chose à lui reprocher, je n’ai pas trouvé.
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Rocé, Part 1 : Changer le Monde
Rocé, Part 2 : Sonder son Identité
Ci-dessous, vidéo de Rocé sur le toit de la terrasse Nova. Au programme, leçon de beat box avec le champion du monde Faya Braz et freestyle.
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