Jamie Lidell ou Bob l'Eponge

adrien gingold - mercredi 30 juin 2010

Nous sommes en 2010, et Jamie Lidell continue son ascension. Le soulman anglais revenait en mai avec son excellent nouvel album "Compass".  Il était il y a quelques jours en concert sur la scène du festival Solidays. Entre les deux, il était passé chez Nova, dans le studio du Voodoo Club.
 
Lidell semble être un homme heureux; c’est du moins ce qui transparaît dans sa musique en 2010. Jamie Lidell se considère comme une éponge: pour Compass, il avoue s'être laissé imprégner de différents grooves, différents endroits, différentes époques… Son travail avec Beck a également beaucoup joué dans cet album.
 
Mais musicalement, Jamie n'est pas sorti de nulle part, en témoigne son entourage : né d'une maman chanteuse aux goûts très éclectiques, de Kate Bush à Jean Michel Jarre, l'enfant Jamie est très vite confronté à une grande variété de musiques et de genres. Lui avoue avoir beaucoup écouté Prince lorsqu'il était à l'école. « Sans Prince, tout ça ne serait sans doute jamais arrivé ». C'est vrai qu'à bien y réfléchir, l'empreinte du love symbol transpire de la soul-funk du crooner l'anglais. 
 
Pour penser sa musique, Lidell se base avant tout sur sa voix: c'est son élément de base, son point de départ. "J'écris, j'élabore des structures et j'imagine mes compositions à partir de ma voix". Au risque de se poser lui-même des contraintes: "Sur Compass, il y a des instruments que je ne pouvais pas utiliser, à cause de ma voix". 

Avant, Lidell avait un groupe : Super Collider. Il garde de cette période le "souvenir d'un partenaire de génie", en la personne de Cristian Vogel. "Il avait une facilité déconcertante avec les instruments électroniques, qu'il comparait aux instruments traditionnels; il apprenait à en jouer à une vitesse incroyable".

Lidell finit par adopter lui-même cette attitude, développant une curiosité pour toutes ces machines. A tel point qu'aujourd'hui, on lui en colle même une étiquette de vrai nerd!  Le hip hop est également très présent dans la musique de Jamie Lidell, ne serait ce que dans le nombre des boîtes à rythmes, le travail sur la voix et le mix de plein d’influences. « Je suis un enfant des années 80. Je ne suis pas un artiste folk, je ne suis pas un puriste: je ressens juste que tout est ouvert ».

Pour donner naissance à Compass, Lidell a décidé de quitter New York; l'idée était de réaliser la chose avec un mode de vie plus sain. Lidell a bossé comme un fou et l’album a été bouclé en 5 mois, de l’écriture jusqu’à la dernière prise de studio, un laps de temps très court comparé aux albums précédents, notamment à l'époque Super Collider où le groupe "passait plus de temps à fumer des joints qu'à travailler".
 
Jamie Lidell a « voulu conserver l’instant, éviter les édits, garder ce feeling brut et rester le plus proche possible de l’original ». Quand on lui demande la bande-son de la construction de cet album, Jamie cite Grizzly Bear, Tom Waits, PJ Harvey, et forcément Prince, ancré en lui. Des influences que l'on retrouve à l'écoute de l'album.
 
C'est nourri de toutes ces influences que Jamie Lidell a réussi à créér son propre son, porté par sa voix de crooner funk et son incroyable prestance sur scène. Le plus funky des artistes Warp, entre nerd et popstar, présentera cet été Compass un peu partout sur les routes d'Europe...
 
Merci à Sybila Guéneau.

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Meme tres bien!!!!

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