La musique téléchargeable gratuitement et légalement, c’est une pratique de longue date chez des jeunes groupes inconnus aspirant à la gloire éventuelle. Mais pour des groupes établis, ça ne s’était jamais vu avant Radiohead. Eh bien, la bande à Thom Yorke a fait des petits.
Les deux nouveaux cas ont un point en commun avec Radiohead : ils ont refusé de renouveler leur contrat avec une major (Interscope et Universal) pour se lancer dans la production indépendante. Et pour marquer le coup, ils se bradent insolemment sur Internet.
Nine Inch Nails suit d’assez près le « business model » de Radiohead. C’est-à-dire, gratuité, mais faut pas pousser. 9 morceaux de leur nouvel album, « Ghosts I-IV », sont disponibles à l’œil sur leur site depuis le 2 mars. Mais l’incitation à la dépense n’est pas négligeable : pour 5 dollars, on peut télécharger les 36 morceaux. Pour 10 dollars, on a le double CD. Pour 75 dollars, l’édition « de luxe ». Et pour 300 dollars, un package « ultra-de-luxe », en édition limitée, avec versions CD et vinyle plus une dédicace autographiée de Trent Reznor.
C’est gonflé, mais ça marche. La première semaine, le groupe a enregistré 781 000 transactions, gratuites ou payantes. La version peau-du-cul à 300 dollars a déjà 2 500 acheteurs ! Le chiffre d’affaire global, d’après le manager de Nine Inch Nails, s’élève pour l’instant à 2,6 millions de dollars. A ce prix, qui a besoin d’Universal ?
L’autre groupe, The Charlatans UK, a les dents moins longues. Leur nouvel album, « You cross my path », est téléchargeable gratuitement sur le site de la radio britannique XFM. 60 000 goulus du gratos ont déjà cliqué. Les versions CD et vinyle seront commercialisées au mois de mai par le distributeur indépendant Cooking Vinyl. Mais selon Tim Burgess, le leader du groupe, rien à cirer : « Si les gens ont l’occasion d’entendre notre musique, ça les incitera peut-être à venir nous voir en concert. »
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