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Raw-T, c'est le power made in Manchester. Ou comment sept gamins enragés donnent un coup de fouet au hip-hop anglais.
Repérés et signés par le boss de Factory Records Tony Wilson sur la foi d'un showcase, les Raw-T ont le buzz en poupe parce qu'ils ont mis toute leur rage dans leur premier album Realise and Witness, où cohabitent ragga, grime et hip-hop. On a rencontré Dellano, le beatmaker et les rappeurs Solja et Dreadie, deux joyeux lurons qui parlent souvent en même temps.

Comment s’est formé le groupe?
Ca fait déjà quelques années qu’on rappe ensemble, on vient tous du même quartier, OT, Old Trafford, à Manchester. On avait deux trois titres qu’on jouait un peu partout, et on a été invités à une convention de labels pour y donner un concert. Tony Wilson était là, on a tout déchiré et ils nous a signés.
Est-ce plus dur pour le hip-hop de sortir des rues?
Oui c’est plus dur, mais la situation s’améliore, pour le hip-hop anglais et européen. La suprématie américaine est en déclin, et les gens se font à l’idée qu’on a notre propre style et qu’il y de bons artistes ici aussi.
Vous travaillez beaucoup vos shows?
Au début, on a fait ça parce qu’on avait trop faim et qu'on en voulait vraiment. On avait faim de succès, il fallait qu’on soit tranchants et que les gens nous remarquent. On ne bosse pas nos shows vraiment plus qu’avant, une fois par semaine.
Vous semblez très fidèles à Manchester.
Ca fait partie de cette idée générale: rester original, n’imiter personne, et représenter notre identité. Même si on joue à Londres, on donne tout. C’était juste pour se marrer au début, puis d’un coup c’est devenu sérieux devant le succès qu’on avait. Mais on fait ça avant tout pour nous mêmes et pour Manchester UK. On supportera toujours Manchester United, Cantona et ses high-kicks!
Vous vous considérez comme un groupe de grime?
Non, on ne veut pas rester scotchés derrière cette étiquette, parce qu’on fait plein d’autres choses. Même s’il y a des morceaux qui sont clairement grime, on revendique toutes les influences comme le hip-hop, le ragga, le dancehall.

Vos beats sont tous très dark, commes vos lyrics.
Vous avez déjà été à Manchester? Cette ville est sombre et froide. Nos beats reflètent cette ambiance. RAW c’est Realise And Witness. On raconte ce qui se passe derrière la scène, que les gens sachent ce qui se passe dans le ghetto. Mais quand on écrit, on ne s’occupe pas de savoir ce que les autres vont en penser, même s’il faut faire attention, parce que les critiques seront promptes à nous sauter dessus.
Le fait d’être signés par Tony Wilson, qui a lancé Joy Division, ça vous a mis une pression supplémentaire?
On n’a aucune pression pour la simple et bonne raison qu’on ne connaissait même pas Joy Division ou les Happy Mondays. On est trop jeunes pour ça, et on n'a pas vraiment de point de comparaison face à eux. On a suffisamment de personnalité et de charisme pour imposer notre propre marque et ne pas être “le groupe de Tony Wilson“. A l’heure actuelle, Tony Wilson c’est plus gros que Raw-T. Alors on peut être vus comme son nouveau projet. Mais laissez nous un peu de temps, un deuxième album et vous verrez que la personnalité de Tony va s’effacer peu à peu. On y travaille.
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