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Garance plays reggae

Smaëlb - 02.05.05

Cette année, le Festival Reggae de Garance n’a pas eu lieu. On en a quand même profité pour parler reggae avec Gérard Michel, le boss de Garance. L'interview s'est déroulée alors que le festival n'était pas encore annulé.

Festival Reggae Garance

Pourquoi avoir déplacé le festival de Bercy à la Porte de Versailles?

Il y a eu une erreur interne, qui a fait qu’on n'a pas réservé la date pour Bercy. On nous a proposé le Parc des Expositions, et c’est un choix qui nous convient tout à fait. Ce qui nous a gênés, c’est qu’on dise que Garance quittait Bercy pour l’argent. Alors que ça n’a rien à voir. La capacité du Parc est de 16 000 places contre 17 000 à Bercy.

Là-bas, on aura un son encore plus gros, et moins d’écho puisque il n’ y a pas de gradins. Ca nous permet aussi d’installer un cadre plus intimiste, notamment un petit village façon caraïbes avec des stands artisanaux, des disquaires, des restaurants. Pour la programmation, on reste dans le même esprit, mêler reggae roots et ragga.

En ce qui concerne les lyrics tendancieux sur les homos, fréquents chez les reggaemen, vous gérez comment?

Il y a un article de loi, un contrat, et les artistes savent très bien ce qu’ils peuvent dire ou ne pas dire. La seule excuse qu’ont ces gens là, si on peut leur trouver des excuses, c’est que c’est pratiquement inscrit dans leur constitution: l’homosexualité est un pêché et un crime en Jamaïque. Nous avons des assurances verbales que ça ne se produira pas, et on va prendre la précaution pour tous les reggaemen, on met les articles de loi dans les contrats.

Votre position est assez difficile à tenir...

On est vachement partagés. Parce qu’artistiquement, ces artistes nous mettent sur le cul, on prend plaisir à chaque fois, mais il y a un vrai problème. On a envie leur dire d'arrêter de se bouffer la vie avec des conneries. Ca veut pas dire qu’ils vont nous écouter. Mais pour l’instant, on n'a pas eu de problèmes juridiques.

Il y a quelques années, vous aviez décidé de ne plus programmer de concerts de hip-hop. Vous avez fait évoluer votre point de vue?

On a arrêté le hip-hop parce qu’on ne contrôlait plus, on se disait qu’il y allait avoir des morts ou des blessés graves. Plus aucune fille ne pouvait venir sur un concert de hip-hop sans se faire dépouiller, et les visages pâles n’étaient pas les bienvenus non plus. On fait de la musique, pas la guerre, donc on a stoppé pendant deux ans. Quand on a vu qu’il y avait de nouveau des filles, on a rouvert la porte. Avec des Français d’abord, en les prévenant bien. Mais on regarde toujours très attentivement. On ne peut pas prendre de responsabilités sur des choses qu’on ne peut pas contrôler.

Début février, les gérants de la Scène à Vernouillet étaient mis en examen pour “facilitation du trafic de stupéfiants“, après l’arrestation d’un dealer à la sortie de la salle. Ca vous inspire quoi?

On nous demande de réussir ce que la police ne réussit pas à faire. Notre position est simple. On palpe à l’entrée parce que c’est toléré, pas autorisé, et parce qu'on doit un minimum de sécurité aux gens. C’est une palpation légère, impossible de savoir si le type a de l’herbe ou des extas dans son slip. De toutes façons, on n’a pas le droit de confisquer non plus. La seule chose qu’on peut faire c’est remettre les dealers dehors ou à la police.

Sur les drogues dures, on n’hésitera jamais à donner aux poulets. Mais la loi est mal foutue. Soit on favorise le trafic, soit on ne le favorise pas. C’est impossible de contrôler tout le monde. Si les flics veulent faire un barrage avant la Porte de Versailles, c’est leur problème.

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