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Snowbombing

Smaëlb - 26.04.05

Début avril, nous étions au festival Snowbombing en Autriche, qui mixe clubbing et snowboarding. Finalement, on n’a pas trop skié.

Le snowbombing, c’est un concept très simple. On invite un troupeau de fêtards dans une station de ski tranquille, et au lieu de mettre le cousin du barman aux platines dans les boîtes, on fait venir Aphex Twin, Dave Clarke ou Jazzanova. Sur ce socle, les meilleurs snowboarders mondiaux viennent empiler quelques backflips bien sentis. Cette année, ça s’est passé à Mayrhofen, dans les Alpes autrichiennes.

Avion pour Munich, brève rencontre avec les douanes allemandes finalement convaincues par un sourire, un car pour grimper les cols, et nous voilà installés dans un joli hôtel autrichien. Un petit briefing aux allures d’apéro, puis direction l’Arena pour le premier concert : Mylo et son 3-piece band, qui joue sur l’engouement autour de son nom pour couvrir une prestation sans excès ni extraordinaire.

On en profite pour se chauffer à la bière locale, avant de se diriger vers le Schlussel pour l’impressionnant set de Dave Clarke. Le dancefloor surchargé, les danseurs raides dingues, entre sueurs chaudes et orgasme sonique : personne ne pensait même à draguer, toutes les énergies étaient dévouées au démontage de hanches, comme possédées par les rewinds du DJ anglais, qui fit honneur à sa réputation: ce type ferait danser un troupeau de vaches normandes défoncées à l’opium. Et tout ça donne soif.

Snow Festival

On ne le savait pas encore mais le lendemain fut la seule journée de ski du week-end. Le reste ne fut que beuverie et clubbing. Le temps d’assister au concours de snowboard, réduit à une demi-journée d’acrobaties faute d’un climat clément, et retour aux comptoirs pour une soirée qui s’annonce agitée.

DJ AFX aka Aphex Twin est attendu au Schlussel. Par rapport à la veille, le club semble à moitié vide. Accroupi derrière ses platines qu’il utilise en alternance avec son ordinateur, le plus noir des artistes de Warp joue du beat cassé, ses propres compositions ou remixs, pour un set apocalyptique mais qui a ravi les aficionados.

On file ensuite à l’Arena, où les Cuban Brothers mettent le feu avec leurs danseurs. Bob, Anglais de rencontre, propose de payer son joint. Puis sa bouteille. Puis une partie de poker, qui dérive jusqu’au petit matin en débat sur l’Europe, dans le pays qui a failli s'en faire jeter à cause de Haider. Avec les Anglais au moins, pas besoin de parler de la Constitution, ils en sont encore à accepter le concept même d’Europe.

Le lendemain, no ski, surtout sous la tempête. Non, il faut se reposer et aller interroger les Bugz in the Attic, qui ne lâchent rien ou si peu sur leur prochain album, puis assister à leur show, dynamisé par la présence de Yolanda, une petite boule black qui ne paye pas de mine mais qui a retourné le public avec son flow mi-chanté mi-rappé.

Juste avant, Jazzanova avait fait fuir les excités avec un set trop intello. Après, ce ne fut qu’errances et divagations. En vrac : des Anglais ivres morts, une Danoise en manque d’affection, un Autrichien cultivateur en vallée, une allumeuse hollandaise, une Norvégienne adepte de la tequila. Sous alcool, l’Europe est bien plus folle.

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