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Ce sont les Little Barrie

Smaëlb - 14.03.05

Un groupe de Nottingham qui manie bien la guitare, on n’avait pas vu ça depuis Ten Years After. Depuis que le club de football Nottingham Forest végète en D2 anglaise, toute la ville mise sur le Little Barrie FC. Nous aussi!

Leur album, We Are Little Barrie, qui inclut de solides bases de blues et de bons refrains pop, plaît déjà à tous les amateurs de guitares sans effets de charme. Nul doute que cette équipe visera bientôt le haut de tableau.

Little Barrie

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Barrie: Wayne et moi nous sommes rencontrés dans un bar grâce à un ami commun. On galérait tous les deux dans des groupes sans avenir et on s’est mis ensemble en essayant de faire un truc nouveau.

Wayne: On avait besoin d’un batteur, alors je me suis acheté une batterie et j'ai appris à jouer. Il nous fallait aussi un chanteur et Barrie s est lancé au micro.

Barrie: Après, tout a été très vite. Après deux semaines on faisait une démo et 3 mois plus tard, notre premier concert. Pour la basse, on demandait à des potes de nous dépanner sur les concerts quand on était à Nottingham. On ne se rend pas compte de la difficulté pour trouver un bon bassiste. Ca ne court pas les rues. C’est en allant à Londres qu’on est enfin tombés sur Lewis.

Pourquoi avoir bougé à Londres ?

Barrie: Déjà il n’y a pas grand-chose à faire à Nottingham musicalement parlant, et je crois qu’on avait besoin de fraîcheur. On voulait vraiment se couper de tout ce qu’on avait fait auparavant.

Comment avez-vous rencontré Edwyn Collins et que vous a-t-il apporté ?

Wayne: C’est Andy, un ami qui tient un magasin de guitares, qui nous a branché avec lui. Il faisait parfois des tournées avec Edwyn. Nous n’étions même pas au courant. Quand il nous a dit qu’il jouait avec lui, on lui a donné une démo qui lui a plu. On l’a vu pour la première fois en traînant devant le studio. Il nous a dit : « Hé si vous voulez enregistrer dans mon studio, il faudrait quand même que vous vous présentiez ».

Barrie: Quand on écoute les disques d’Edwyn, ils sonnent différemment des autres disques de l’époque. C’était exactement l’esprit de ce qu’on voulait faire. On lui donnait les idées et lui se débrouillait pour les appliquer et faire sa sauce. En fait tout est arrivé grâce à lui. L’album, c’était son idée.

Vous faites du blues, avec un trio à l’ancienne. Vous ne vous sentez pas anachroniques?

Wayne: Je ne pense pas que ça soit un pur album de blues. D autres groupes ont les mêmes racines black que nous. Le blues, c’est tellement vaste. Tu découvres un artiste et il y en a vingt autres derrière. BB King Albert King, Steve Cropper, tout ce qu’a produit le label Stax nous a beaucoup inspirés, au même titre que Solomon Burke et le rythm’n blues américain. Quand on voit ces mecs jouer de façon brute, ça motive pour faire pareil.

Barrie: Par contre, nous tenions vraiment à n’être que trois. On s est dit que moins il y a de monde, plus il y a d’espace pour s’exprimer et être plus originaux. Etre un nombre restreint nous oblige à devenir de meilleurs musiciens, notamment sur le plan vocal.

Barrie, vous militez pour le revival du solo de guitare ?

Barrie: Jouer de la guitare, ç’est cool, mais quand on s’y met sérieusement, on ne prend son pied qu’avec les autres. Je ne suis pas du genre à demander des morceaux avec deux solos de guitare dedans. J'ai surtout essayé de jouer avec mon feeling. C’est aussi pour ça que je n'utilise pas de pédale d’effet. Ainsi, les émotions passent directement. Je voulais juste jouer de la guitare brute, pour voir ce que moi je pouvais faire.

Comment avez-vous enregistré ? On dirait vraiment un bœuf géant.

Wayne: On a choisi pas mal de premières prises effectivement. On en faisait d’autres mais Edwyn choisissait toujours une des deux premières. Ca a pris 23 jours pour enregistrer et mixer l’album. Tous les mercredis, notre jour de congé.

Barrie: Il n’y pas de formule, on joue et on voit ce qui se passe, l’idée est de rester frais. On joue ce que l’on ressent. On s’améliore au fur et à mesure, on n’est pas encore matures. Pour le prochain album, on va laisser la musique nous emmener là où elle veut aller. On n’a pas trop le temps d’écouter de nouvelles choses, et d’acheter de nouveaux disques. Le problème c’est que les magasins sont trop dangereux pour mon porte-monnaie.

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