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Pétition pour le jazz

Seb V. - 17.02.05

Une signature tout simplement... pour faire comprendre aux frères Costes l'importance du Club St-Germain. Sinon, l'histoire du jazz Saint-Germain s'arrêtera là, bientôt. Et quelle histoire!

Pour signer la pétition : http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=907

Bar « Le Bilboquet »
Bar « Le Bilboquet »

A l’angle des rues Dauphine et Christine, il y avait le Tabou. Dans les fifties, Henri Renaud y menait le bal et c’est déjà Juliette Gréco que l’on croisait en premier.

De là il faut remonter, prendre à droite la rue de Buci et entrer sur les terres des Germanopratins. Au Furstenberg, pendant plus de quinze ans, André Persiani "Pepé" a habillé l’ambiance de ses accords et solos "block chords".

Traverser la rue de Seine. Avoir une petite pensée pour Prévert en quittant la rue qui sourit, ou en dégustant un verre de Sancerre au Bar du Marché.

Prendre à gauche, descendre la rue Jacob. En ces lieux, des clubs, il y en a eu. La Presqu’île, le Bar Vert, l’Echelle de Jacob. C'est dans ce dernier que Jacques Douai, chanteur, créa pour la première fois Les Feuilles Mortes de Jacques Prévert et Joseph Kosma. Plus loin dans la rue Jacob, on trouvait plus récemment La Villa. Le nouveau patron de l’hôtel a fait fermer le club pour y installer la salle des petits-déjeuners. On avait pu y voir pour la première fois, grâce à Danny Michel (merci Dany), Brad Mehldau, Diana Krall, Joshua Redman, Bill Stewart.

Il faut faire défiler la rue Jacob pour traverser la rue Bonaparte et prendre à gauche dans la rue Saint Benoît. Dans ce qui a été la 52ème rue du jazz français, il y a eu le Latitude, on y trouvait souvent les plus grands comme Billy Higgins, Tommy Flanagan, Ray Bryant

Cent mètres plus loin, il y avait le Montana. C’est René Urtreger qui tenait l’affiche. Toute une génération s’est pressée devant l’estrade pour jouer avec le délicieux pianiste be-bop. Entre les deux, le mythique Club St Germain - Bilboquet.

Créé en 1947 par une bande d’amis, le Bilboquet sous la houlette de Boris Vian a vu le jazz se croiser et se multiplier.

Des pierres hantées par les accords de Bud Powell, Bobby Jaspar ou Django Reinhardt font partie de notre patrimoine. Si les Etats-Unis sont le lieu de naissance d’une des plus belles formes d’expression artistique du vingtième siècle, la France fut la terre d’accueil du jazz. Nous avons su ouvrir nos salles de concert à Charlie Parker, Sidney Béchet ou Miles Davis. Pleyel ou l’Olympia étaient les cathédrales, le Club Saint Germain, le temple parisien voué au culte de la musique syncopée.

Un club qui à l’origine devait être un repaire de copains amateurs de jazz avec à leur tête Boris Vian, un club donc, qui a reçu les plus grands noms du jazz, Américains surtout, souvent contraints de venir exprimer leur talent en Europe. Miles Davis, Kenny Clarke, Duke Ellington, Art Blakey et les Jazz Messengers, Rhoda Scott, pour ne citer que les plus illustres, y rencontrent Claude Bolling, Claude Luter, Martial Solal, Sacha Distel, Stéphane Grappelli, Henri Salvador et tant d’autres immenses talents de l’hexagone.

Des chefs d’œuvres y ont été enregistrés, l’histoire du jazz français s’est écrite dans cette cave désormais légendaire.

Selon nos informations, le Club St Germain - Bilboquet, haut lieu de notre patrimoine culturel est aujourd’hui menacé de fermeture définitive, en étant très bientôt transformé en simple brasserie. Nous voulons encore croire que ce projet pourra être d’abord ajourné, puis modifié, pour que Saint-Germain-des-Prés garde son dernier club de jazz.

Nous faisons appel à vous tous aujourd’hui, dans l’urgence, non seulement amis du jazz mais tous ceux qui sont attachés à l’âme de Saint-Germain-des-Prés.

Pour auver ce lieu unique, il nous faut tous signer la pétition. Vive le jazz au Bilboquet !

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