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Les reggaeboys vont devoir se racheter une conduite. L'entente cordiale a été signée entre les maisons de disques et les défenseurs des droits homosexuels. Les concerts de reggae ne seront plus sous pression, pourvu que les “Kill the battymen“ soient proscrits.

Sizzla
C‘est fait! Après quatre mois de négociations, un accord de non-agression a été signé entre les représentants du reggae jamaïcain et les organisations défendant les droits de homosexuels. Dans le viseur, des toasters comme Vybes Kartel, Buju Banton, Elephant Man, Sizzla, Bounty Killer, Beenie Man, TOK ou Capleton, maintes fois épinglés pour leurs textes très limites, interdits de concerts sous les protestations et pétitions, et écartés des playlists des stations de la BBC.
Côté reggae, on trouvait les tourneurs Jammins et Apollo Entertainment ainsi que les labels VP Records, Greensleeves et Jetstar Records, qui distribuent 90% du ragga. En face, les Anglais de Outrage et J-Flag, qui a la lourde tâche de défendre les homosexuels en Jamaïque. Le tout était supervisé par Scotland Yard.
Les maisons de disques ont promis de faire en sorte que les insultes, provocations et menaces envers les homosexuels n’apparaissent plus ni sur les disques, ni dans les concerts. Une promesse qui s’applique au monde entier, Jamaïque comprise. Les six plus gros sponsors de l’île ont d’ores et déjà annoncé qu’ils retireraient leur soutien à tous les artistes incitant à la violence.
Du côté des associations, on a suspendu l’agressive campagne Stop Murder Coalition. Manifs, plaintes et pétitions n’ont plus de raison d’être, sauf si les reggaeboys ne respectent pas le contrat. Les deux parties sont aussi tombées d’accord sur le fait qu’il serait difficile de demander des excuses aux artistes visés. Pour mémoire, Sizzla interrogé par la radio 1Xtra sur l’annulation de sa tournée en novembre, avait refusé de s’excuser: “Ce sont eux qui doivent s’excuser parce qu’ils violent la loi de Dieu. Je ne viens pas pour blesser les gens. Si je n’aime pas ce que vous faites, je ne viens pas vous voir. Si eux n‘aiment pas ce que je fais ou dis, personne ne leur demande de venir au concert.“ Pourtant, en septembre, avant un concert au Canada, Sizzla avait garanti par écrit qu'il ne chanterait pas certains morceaux de son répertoire...Doit-on y voir un signe de flexibilité de la part du plus radical des bobodreads?
Montieth Illingworth, le porte-parole de VP, est soulagé. Au Guardian, il a déclaré: “Le débat est classique. Jusqu’où va la liberté d’expression et quelles sont les responsabilités des artistes et des éditeurs? L’idée générale, c’est que l’industrie du reggae se régule d’elle même. Les débats étaient assez tendus. Ces affaires ont beaucoup touché le reggae, aussi bien financièrement qu’en terme d’image. On espère que ça ne recommencera pas. Le deal a été long a conclure.“
Chez Outrage, la satisfaction est de mise: “Tout le monde est content. Les chanteurs peuvent faire des concerts, les fans peuvent voir leurs idoles, et les homos ne seront plus insultés. C’est un premier pas vers la restauration du "One Love" de Bob Marley“.
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