Accueil » Musique » Articles »
Nouvelle tendance en banlieue parisienne: les flics vous attendent à la sortie des concerts.
Ca s’est passé le 16 janvier à La Scène de Vernouillet, dans les Yvelines. La brigade des stups s’est posée à la sortie de la salle de concert avec les chiens et a embarqué 7 personnes, pour possession de stupéfiants, dont trois ont été mises en examen pour trafic. Un grand classique pour les amateurs de free partys, dont les alentours sont systématiquement encerclés par des barrages. A la sortie d’une salle de banlieue, par contre, ça fait tout drôle. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
La Scène, déjà dans le collimateur de la mairie, fait l‘objet d’une suspension administrative de 3 mois. Pire : le juge, persuadé par les flics que l’endroit est un repaire à dealers, a mis les patrons de l’établissement en examen pour “facilitation d’usage de produits stupéfiants“ et les a interdits de gérer leur salle.
Voilà qui pose une question d’importance : peut-on accuser les organisateurs de soirée de contribuer, même indirectement, au trafic de drogue, en sachant pertinemment qu’ils n’ont ni le droit, et surtout ni les moyens de surveiller tout le monde? En poussant l’absurdité, en arrivera-t-on à interdire aux salles de faire venir des artistes de reggae, sous prétexte qu’on fume des joints durant ces concerts?
Si les gérants sont condamnés, la décision risque fort de faire jurisprudence, de pousser les flics dans cette démarche répressive qui prend le problème à l’envers, et de propager cette idée lumineuse : “Moins les gens écouteront de techno, moins ils prendront de drogue“, avec dans le viseur toutes les salles “suspectes“ du département. Celui qui veut monter une soirée y regardera maintenant à deux fois. Car si les flics débarquent et trouvent des cachetons, ce sera pour sa pomme.
Le Maire de Vernouillet a trouvé la solution: “Soit on rouvre et on surveille, soit on ferme. Et l’autorisation sera à chaque fois renouvelable“. Comme à belle époque où il était interdit "d'écouter des musiques répétitives“, en Angleterre au début des 90's.
REAGIR A CET ARTICLE // 3 COMMENTAIRES