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Tender Forever, c'est rare

mm - 03.12.07

Ma première rencontre avec Mélanie Valéra aka Tender Forever remonte à trois années. Il est 20H07, nous sommes avec toute l’équipe de Radio Nova en train de donner le top départ pour la première Nuit Zébrée Paloise.

En coulisse, au coté de Mélanie, je n’attends que le signal d’ Isabelle, réalisatrice en chef pour lancer la jeune bordelaise. Comme avant chaque live d’artistes zébrées, je lui adresse un encouragement superstitieux. « Merde ! ».

Elle ne sourit pas, ne fais pas non plus la gueule. Elle ne me comprends juste pas. « Pourquoi me dis tu merde ? Je n’ai aucune raison d’avoir peur, si je fais de la musique c’est précisément pour ce qu’il va se passer, là, maintenant. »

Et Mélanie fila…..Les palois n’étaient pas vraiment habitués à des horaires si avancés, elle commença ce soir là son live devant 38 personnes. Et pourtant…elle joua comme si sa vie en dépendait.

Pas étonnant me direz vous pour une fille découverte lors d’un concert dans une cave de 1M10 de hauteur (oui oui elle jouait donc à genoux…)par le boss du label K Records (label de Nirvana) qui la signa dès le lendemain.

crédit photo: Pierre Wetzel
crédit photo: Pierre Wetzel

Ce soir de Mars 2004, Tender Forever, alors encore quasiment inconnue, nous avait bluffé. Comme rarement nous l’avions été.

Après cette Nuit Zébrée, je n’ai jamais cessé pendant deux ans de la voir autant que possible en live. Pour comprendre. Pour comprendre comment et pourquoi cette fille arrivait à autant m’émouvoir avec des chansons courtes comme elle le clame si bien. Son premier disque « The soft and the hardcore », entre temps, était rentré parmi mes dix disques de chevets, au coté de Coltrane, Villalobos, Bowie et bien d’autres…

Je l’ai donc vu assis au Café de la Danse en 2005, debout à La Boule Noire au festival des Inrocks en 2006….et à chaque fois pareil.

Autant dire que j’attendais la suite comme rarement. La voilà, qui débarque en ce début 2007 avec son second album « Wider ». Mince, il est tout aussi bon que le précédent, ma course poursuite avec Tender Forever ne va donc pas s’arrêter là.

TENDER FOREVER
TENDER FOREVER

Nous décidons de la programmer pour la seconde Nuit Zébrée, à Angers cette fois çi. Il est à nouveau prévu que Mélanie ouvre la Nuit zébrée en première position. Entre temps, Gabriel Rios qui doit jouer ce soir là en milieu de NZ, est contraint de réduire pour x raisons justifiables son live. Il ne jouera plus accompagné de 7 musiciens mais de sa propre personne. On change en catastrophe les ordres de passage, et nous prenons le pari de faire jouer Tender Forever à la place de Gabriel Rios….Avec du recul, ce pari n ‘était que peu risqué …

Bis répétita….En Coulisse avec Mélanie, 22h03, 16 Novembre 2007, juste avant de la lancer, je ne lui dis plus merde mais « éclate-toi ».

Elle jouera ce soir là devant un Chabada rempli à craqué, qui vient de danser sur un live de Bonga, légende de la musique Angolaise. La transition durera deux morceaux, le temps de ne pas apprivoiser le public mais de se présenter, de s’offrir à lui. C’est ce moment magique vous réecouterez ce soir sur Nova à 23 heures, car on ne peut décemment pas garder cela que pour nous.

TENDER FOREVER
TENDER FOREVER

Je devais faire une chronique de ce concert de Tender Forever, vous aurez pu constater au fil de ces lignes le caractère non objectif de ce papier. Il me semblait donc complètement anti déontologique de le faire moi même. Voici donc quelques lignes, écrites, par Eva Steinitz jeune écrivain Allia, avec qui j’étais au dernier concert au Trabendo il y a une semaine.

TENDER FOREVER
TENDER FOREVER


« Vendredi 23 Novembre à 20h au Trabendo, après avoir tourné dans le froid colporté par la vitesse engrénée du scooter, je suis arrivée en pieds, glacée, au concert de Tender Forever.45 minutes de sa fulgurante chaleur m'ont pour toujours traumatisée.
Bien plus que les courants communs qui nous tomberaient dessus, ce cadeau intimiste me fit l'effet d'une propagande fondamental
Tender Forever c'est un groupe où se déploie une artiste qui n'a rien pour être française sauf ce terrible accent rebelle à l'origine du point de départ. Le point c'est elle, Mélanie, entièrement à la disposition de sa musique et dévouée à son infiltration dans nos sangs culturellement blasés. Cette totalement jeune et femme mime dans ses chansons en anglais tous nos maux superficiels et pourtant profonds.
Elle se prend la tête comme on fait quand en survivant de tout on cherche encore à puiser de l'enthousiasme pour notre brève éternité. Bref, c'est simplement rien de spécial sauf tout. Son attitude, son jeu est totalement musical. De partout le rythme me ballade et me touche. Tender Forever c'est une force cassée, une rupture avec toutes les peurs même celles du ridicule, c'est un encouragement à l'individuel. Son second album Wider est en train de sortir et depuis que je l'écoute en boucles, je suis aussi devenue un peu Madonna à ma façon. Tender Forever ne le fait pas exprès. Elle déborde d'amour alors elle nous l'offre. Sa voix qu'elle exagère ou qu'elle chuchote comme une choriste nous remet dans son intention de ressentir.
Tender Forever c'est jouissif tant pour la complexité des sentiments qui s'en dégage que pour la pureté du désir. C'est une meuf qui a des couilles, une pour qui le boycotage machiste n'aura pas d'effet et qui, avec ses arabesques saura politiser ses danses. Tender Forever allons-y tous. Elle a des hausses de tension comme Joey Starr et des baisses de régime comme Nico. Il ne manquerait plus que tout cela soit faux pour encore plus rêver. Sauf que là, vu de chez moi Tender Forever m'a fait la performance musicale de l'année. Certainement je n'irais pas en dire plus »

Toutes les infos sur Tender Forever ici et

Ruddy Aboab

TENDER FOREVER
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