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Live Reggae Festival

Sébastien Renaud - 16.11.06

La tournée du Live Reggae Festival s’est achevée au Zénith de Paris début novembre. Les plus affamés de reggae sont sortis rassasiés de ce show marathon.

warrior king
Warrior King

Après un warm-up assuré par le Wicked Vibes Sound System, qui n’en finit plus de se faire un nom, c’est Queen I-frica qui déclenche les hostilités avec une belle énergie. La fille de Derrick Morgan et protégée de Tony Rebel balance son flow sans complexe et s’attire les faveurs du public. Mais son show sera de courte durée, en dépit de quelques réapparitions au cours de la soirée. Difficile donc de se faire une opinion.

La prestation de Warrior King est plus conséquente. Le jeune singjay confirme sa bonne réputation scénique avec un concert bondissant. Habillé avec classe, il attire tous les regards. Le plus dur reste de le suivre des yeux, tant il virevolte aux quatre coins de la scène. Avec un tel rythme, on pourrait craindre qu’il s’essouffle vite. Il n’en est rien et sa voix reste constante et consistante d’un bout à l’autre du show. En plus des classiques Breath of fresh air ou Jah is always there, il est venu à Paris présenter « Hold the faith », son dernier album. Dense et tonique.

On reste dans le même esprit avec Tony Rebel, chanteur pétri de rastafarisme et doté d’un charisme certain. On le connaît surtout pour If Jah (is standing by my side), mais le reste est tout aussi bon comme en témoigne ces classiques Fresh Vegetable ou Jah will never let us down. En dépit d’un son un peu brouillon qui ne met pas vraiment sa voix en valeur, le public est ravi d’assister à la prestation très professionnelle d’un artiste qui se faisait rare.

Il est temps de changer le backing-band, comme on change les pneus d’une voiture de course. Le passage au stand est d’ailleurs à peine plus long qu’en Formule 1 et il faut rendre hommage aux organisateurs de la soirée pour ces enchaînements sans temps mort.

C’est Livewire qui prend possession de la scène et joue quelques morceaux de bonne facture. Personne ne sait quel artiste doit suivre, jusqu'à ce que le speaker lâche le nom de Gregory Isaacs. L’ovation est à la hauteur de la légende véhiculée par le Cool Ruler. Lui aussi se fait discret ces derniers temps. Bien sûr, l’âge et les excès ont eu raison de sa superbe, mais la classe et les tubes restent. De Number one à Love is overdue en passant par Night nurse et Stranger in town**, on assiste à un florilège de ses meilleurs titres. Et ça fait tout simplement du bien.

Gregory Isaac
Le Cool Ruler Gregory

Encore un court entracte et vient l’heure d’élever son esprit avec The Abyssinians, un des groupes les plus mystiques du reggae roots et soutenu par Rasites, backing band anglais. Bernard Collins et Donald Manning, accompagnés d’une troisième voix qui pourrait bien être celle de Lynval Manning, ont construit leur succès autour de riddims sombres et profonds sur lesquels viennent se poser leurs splendides harmonies vocales. On retrouve cette ambiance sur scène au fil des titres comme Know jah today, Declaration of rights ou le classique Satta Massa Gana. C’est beau à pleurer.

Retour sur terre avec la puissance de feu alignée par Black Uhuru. Le groupe phare des années 80 clôt magistralement la soirée avec un déluge de tubes portés par la voix surpuissante de Mykal Rose. Shine eye gal, I love King Selassie, Sinsemillia, Guess who’s coming to dinner, Happiness... Les hits défilent sans trêve, laissant le public abasourdi mais heureux. Du grand Black Uhuru.

La dernière note est à peine éteinte que déjà les lumières se rallument. Il est 1 heure du matin, le Live Reggae Festival aura duré près de six heures sans fausses notes et sur un rythme trépidant. On a apprécié la diversité de la programmation et la succession de prestations de grande classe. Vivement la prochaine édition !

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