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Matthew Herbert @ Factory

Sébastien Renaud - 19.10.06

Samedi dernier, Matthew Herbert, Joakim et Loïk Dury ont fermé les portes de la sixième édition de Factory, le volet jazz et électro du festival d’Ile-de-France.

Matthew Herbert
Herbert concentré sur ses machines

C’est dans une Cigale à moitié vide que Joakim a débuté son set, accompagné d’une guitariste, d’un bassiste et d’un batteur. La faute à un horaire pas très clair qui a dû en fâcher plus d’un, puisque c’était le premier live de l’artiste à Paris. Mais qu’importe, les ponctuels ont pu voir une bonne partie de ce set et n’ont pas boudé leur plaisir.

Il serait réducteur de parler ici de house music, tant Joakim y intègre des éléments pop/rock, disco et new-wave. Le résultat est plutôt réussi, alternant des phases très atmosphériques et des riffs bien agressifs. Le groupe semble privilégier l’énergie plutôt que la synchronisation parfaite entre les machines et les instruments. Les morceaux montent doucement en puissance avant de délivrer toute leur force dans un déluge de saturation. Un déchaînement de watts qui n’a laissé personne insensible, à part peut-être les quelques énergumènes qui ne peuvent pas s’empêcher de parler pendant les morceaux. Joakim y a répondu de la meilleure des manières avec plusieurs claques sonores qui ont permis de focaliser l’attention de tout le monde. Au final, lui et son groupe ont reçu des applaudissements mérités pour une performance pleine de relief.

Pour meubler les changements de plateau, la production a eu la bonne idée de miser sur Loïk Dury au lieu de la traditionnelle compilation « Ikea ». L'ancien programmateur de Radio Nova, amoureux de la house et du hip-hop a encore livré une sélection pointue et groovy qui a ravi nos esgourdes.

On sentait néanmoins une certaine impatience avant l’arrivée de Matthew Herbert et de son septet. Visiblement, le concert du pionnier anglais de la house minimale était très attendu. C’est donc une ovation qui a accueilli les musiciens vêtus pour la plupart de kimonos du plus bel effet. Après une introduction originale et hilarante, Matthew Herbert est rentré dans le vif du sujet. Les meilleurs titres de « Scale », son dernier album, prennent sur scène une autre dimension, moins confinée et plus vibrante.

Lui semble totalement possédé par sa musique mais ses gesticulations ne perturbent pas un seul instant sa maîtrise des samples. En l’absence de Valérie Etienne qui officie sur l'album, c’est Neil Thomas qui se charge du chant principal et c’est un bonheur. La voix du jeune chanteur est une oasis de douceur au milieu des beats lourds et rugueux. On se laisse donc transporter sans peine par cette house qui n’en est pas vraiment et qui s’écoute plus qu’elle ne se danse. La Cigale, cette fois bien remplie, ne s’y est pas trompée en réclamant pas moins de deux rappels, consentis avec le sourire par un Matthew Herbert habitué du festival et visiblement heureux d’être là. Une très belle soirée qui clôt un très bon festival.

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