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Le Rex a un nouveau son, mais pour les bars parisiens, mettre de la musique forte n'est jamais simple.

Le Rex by Nicolas Delhaye
A Paris, on fait tout en petit. Par rapport à des villes comme New-York ou Londres, où la culture club est bien établie, ici on écoute souvent la musique sur de l'équipement moyen voire mauvais. Le club mythique des musiques électroniques à Paris, le Rex Club, vient de se doter d’un soundsystem à la hauteur de sa réputation et des DJ’s qu’il reçoit.
Fini les grosses enceintes qui crachent pour toute la salle. Le nouveau système, fabriqué sur mesure, table sur la multidiffusion. 70 points collés au plafond et disséminés dans toute la salle. Partout dans le club, on entend la même chose, avec un petit plus pour la piste de danse, où les basses font presque peur. Le DJ peut jouer avec le son, et choisir de le balancer d’un côté ou d’un autre de la salle. Jamais on ne se fait exploser les oreilles.
Quoi de mieux pour tester sa sono que de le faire avec le club rempli ? Pour la première soirée après les vacances, le Rex a invité son artiste le plus fidèle, Laurent Garnier, le seul DJ français capable de remplir la salle de façon systématique, quasiment sans promo. Il avait stoppé sa résidence l’année dernière, les soirées Stéréomaniac. De retour dans son antre, il envoie classiques techno des 90’s, le dernier Rhythm & Sound remixé par Carl Craig, de la jungle... Garnier a bien profité de l'espace sonore mis à sa disposition.
Aux autres clubs de se mettre au niveau. Le problème, c’est qu’avant de penser à améliorer sa sono, il faut bien isoler sa salle. Construit en sous-sol, le Rex n’a pas ce type de souci. Tous les clubs de Paris ne sont pas logés à la même enseigne et souffrent des lois anti-bruit draconiennes. Les endroits plus touchés : les bars musicaux.
A Paris, la loi protège particulièrement bien les voisins des nuisances sonores. Rares sont les bars musicaux parisiens qui vous laisseront taper le squat devant leurs portes, même s’il fait une chaleur étouffante à l’intérieur. Les voisins appelleront les flics, et la préfecture a démontré sa promptitude pour signer les fermetures administratives presque aussi vite que les expulsions de sans-papiers.
Histoire de compliquer encore les choses, en janvier 2007, il sera interdit de fumer dans les bars, avec un avantage pour les pochtrons diurnes puisque que les bars-tabac sont la seule exception à la règle. Les clients seront donc obligés de sortir fumer leur clope dehors. Mais les voisins continueront à gueuler pour assurer leur tranquillité. Les gérants de bars n’auront pas le choix et se retrouveront pris entre deux feux: le bruit ou l'odeur ? Qu’est-ce qui reviendra le plus cher ? Une amende pour tapage nocturne ou celle pour avoir laissé les gens fumer à l’intérieur ? Aux autorités de répondre.
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