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Mayra Andrade, Konono n°1, Bumcello... La suite du reportage sur le festival Sakifo à la Réunion.

Maître Jaojoby
Cinq volcans musicaux ce n’est pas rien…D’un côté, le mainstream Cali et Olivia Ruiz à la Ravine, de l’autre les deux Grâces, Nathalie Natiembé et Mayra Andrade. Nathalie Natiembé, sorcière maloya, dompteuse de calebasse, vous précise qu’elle ne fait pas de concerts mais des performances musicales. Avec ses deux musiciens, Natiembé offre un tour du monde tout en contraste, des textes qui ne sont pas sans rappeler la poésie d’Alain Peters... La lionne laisse place au cygne du Cap-Vert, Mayra Andrade, toute émue de trouver à la Réunion la verdure perdue de son archipel. Mayra donne un concert comme à la maison, pour un public charmé et apaisé.
Pendant ce temps-là, au Chapitô, Spleen et Beat Assaillant retournent la salle, rejoints par Tumi le Sud-Africain, pour une rencontre entre flows des deux hémisphères…Ceux qui ont furieusement envie de danser, de ces danses avec transe au tournant, se sont retrouvés à la Kazern. Sur scène, un homme que les Réunionnais connaissent bien, Jaojoby (prononcer Djodjob) et son salegy, ce rythme malgache cousin du maloya et du séga. Sa prestation tient du miracle : victime d’un accident de voiture, il avait la hanche amochée, interdiction pour lui de poser un pied par terre pendant 45 jours. Mais voilà, nous sommes le 46 ème jour ! Maître Jaojoby est de retour sur scène avec sa femme et ses enfants, prêt à affoler tous les derrières de l’île. A en juger par les danses effrénées, on se dit que la booty a puisé aussi dans le salegy...
C’est le feu sous les palmiers de la Kazern, et les Congolais de Konono N°1 soufflent sur les braises avec leurs fameux likembés électrifiés. On saute ensuite dans l’impro des Bumcello et là attention ! Vincent Segal à la coule aux platines est rapidement rejoint par Cyril Atef, et la salle se remplit d’un coup, « On n’est pas fatigués ! » hurle le premier rang. Le duo se frotte les mains : ils n’avaient pas prévu de faire de la figuration. C’est parti pour deux heures de jam. Les deux comparses sont rejoints par Beat Assailant, Spleen puis DJ Mehdi. Les Bumcello n’hésitent pas à reprendre Alain Peters. Bingo ! Les locaux sont scotchés, et nous tout aussi enthousiasmés par l’énergie de ce concert, qui se terminera sur un rappel avec l'un des musiciens de Susheela Raman aux tablas. Magistral ! DJ Mehdi prendra la relève jusqu’au petit matin...

Vincent Ségal, Bumcello
Dimanche matin, 8h, direction le Massalé. Les Anglais ont leur tea-time, pour les Réunionnais « it’s riz chauffé time » C’est la coutume, transmise de grand-mère à petite-fille. Le matin, on mange le riz chauffé, du piment, de la morue ou de la saucisse c’est selon. Sur scène, la famille Moutou, Henri-Claude et Marie Armande jouent leur séga traditionnel. Romantiques à souhait, leurs chansons ouvrent la journée, des couples nostalgiques se rappellent leur jeunesse devant la scène, barquette de riz-chauffé à la main.
L’après-midi est résolument maloya avec Ti Fred, héritier de Danyèl Waro, suivi par Lindigo. Côté malgache, Rajery and the Slam Jah sont là. On s’échappe pour rejoindre les enfants, qui ont eux aussi leur festival, le « Sakifo Marmay ». Autre nouveauté de cette année, cette partie du festival propose des jeux, mais surtout des rencontres avec les musiciens, et il faut bien le dire, on a toujours rêvé de se faire donner un cours de violoncelle électrique par Vincent Segal. C’est chose faite avec en prime un exposé sur la boucle hip-hop par DJ Mehdi. Ah non vraiment, ça vaut le coup de faire croire qu’on a cinq ans !
Côté concert, sous le Chapitô, Zikzako remplace Smooth initialement programmé, puis Anis qui joue devant une salle bondée, tandis que ça jazz au Platô avec le pianiste Meddy Gerville et les frères Belmondo. La Montagne vibrera ce soir sur les textes de Gilbert Pounia, charismatique leader de Ziskakan, groupe incontournable à la Réunion. La foule est dense, et reste compacte pour la voisine indienne Susheela Raman.

Les Zong
Susheela, la voix tout juste réparée, s’est bien préparée pour ce show la veille, dans le studio des Zong. En parlant des Zong, en voilà une découverte ! Le trio revient d’une grande tournée pour jouer ce soir à la maison. Au premier Sakifo, Zong faisait l’ouverture. Deux ans plus tard, ils font la clôture façon électro. Drean et ses compagnons taquinent le BPM, osciellent entre drum’n bass, dub, et rock. Il n’est que 2 h du matin et l’on voudrait qu’ils jouent toute la nuit pour notre dernière... Incroyable qu’un son pareil sorte de cette île. Mais sait-on jamais ce qui sort d’un volcan ? Certainement Sakifo moin li di a ou !
Retour sonore sur le festival Sakifo prochainement dans l'émission Néo-Géo, animée par Bintou Simporé, le dimanche à partir de 10h sur Radio Nova.
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