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Personne n'y croyait vraiment. Et pourtant. Les Babyshambles étaient hier au Bataclan.

Il était donc là. Certes, avec près de deux heures de retard, mais bien là. Pete Doherty s'est pointé en chair, enfin, en os, hier soir au Bataclan, accompagné de ce qu'il reste des Babyshambles (le guitariste remplace Pete en prison depuis quelques jours) à savoir batteur & bassiste.
Quelques secondes ont suffit pour comprendre d'où venait cet engouement monstre pour l'artiste le plus cité dans les tabloïds cette année. Et ce n'est pas (seulement) au niveau musical que se trouve la clef de l'énigme. Pete Doherty est une rock star, une vraie, ça se sent, ça se voit. “It's an attitude“, comme dirait l'autre.
A peine monté sur scène, guitare encore dans l'étui, costume impeccable, la salle l'avait déjà excusé pour cette stressante attente: "Viendra, viendra pas ?", "Non, je te dis qu'ils sont en train de le réanimer dans la loge", "Non, il paraît qu'il est en garde à vue Quai des orfèvres depuis hier", "Mais non, il a juste oublié son passeport", "Oui, il est dans un taxi qui arrive de Roissy"...
Pete Doherty nourrit les fantasmes des jeunes filles et pourquoi pas aussi ceux des jeunes mecs. Il renvoit les ados pubères à leurs bibles du rock, aux mythiques heures de gloire du punk, aux critiques de Lester Bangs et inévitablement à Sid Vicious. Et ça, personne ne le lui reprochera.
Musicalement parlant, le concert ne restera pas dans les annales. Pas mauvais non plus. 1 heure 40 de scène. On prend peur quand Pete tente de sortir quelques sons de sa voix sur le premier morceau. On est rassuré quand on découvre le nombre de bières derrière lui. Quasiment tous les morceaux de l'album Down In Albion y passent, entrecoupés d'interludes pendant lesquelles Pete reçoit des offrandes allant de la bière aux bouquins, sans oublier le déluge de clopes sur sa propre requête.
Minuit, dernier morceau, fin du concert. Timide demande de rappel sans espoir, pourtant le groupe réapparaît dix minutes plus tard, plus remontés que jamais pour finir dans la chaotique beauté de Fuck Forever.
Pete Doherty, son talent presque inconscient, son charisme naïf... Au final, il apparaît plus attachant que jamais dans son autodestruction massive, qui touche aussi son environnement immédiat: 6 ou 7 micros explosés, trois pieds plus une guitare balancés dans la foule, quelques chutes, des mots doux incompréhensibles... Bref, tout ce qui manque dans le rock aujourd'hui.
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