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Le duo des voix rauques du hip-hop new-yorkais a passé le mois de janvier a Paris.

Le Wu Tang et le Def Squad à Paris, pour tout vous avouer on n’y croyait pas trop. Method Man et Redman à l’Elysée Montmartre un 2 janvier ? Connaissant la réputation des mecs, on préférait miser notre pécule sur l’annulation quelques jours avant. Pas de chance, ils étaient là. Dès lors, il n’y avait plus qu’à attendre le prochain passage du train, qui a sifflé trois fois ce mois-ci.
Au passage de la quatrième vitesse, au Triptyque jeudi dernier, le braquet a cassé. Fallait pas trop rêver. Redman s’est agité quinze minutes tandis que Method Man squattait le champagne au fond de la salle.
Alors retour à l’Elysée, un mardi où il restait quelques places, vite épuisées aux guichets. Après le warm-up de Youssoufa, ex-Ménage à Trois, une belle réponse au député Grosdidier et consorts, et un long changement de plateau, c’est Lord Jazz qui prend place derrière les platines, et Do It All le rejoint. Tout le monde ne semble pas réaliser que les 2/3 des Lords of the Underground sont sur scène. Après un Here Comes The Lords, un petit Check It, la mémoire était revenue. Quinze minutes de revival pour un Do It All qui a toujours aussi mal a la gorge.
Après, le bazar. Les deux larrons entrent en scène, à base de “Red & Meth“ et entament leur strip tease. Venus coiffés de bonnet, veste, foulard et autres accessoires, les rappeurs ont fini le concert en marcel, après quelques chevauchées dans la foule. Un rappeur sachant rapper ne rappant jamais seul sur scène, le duo a vite été rejoint par deux sidemen qui ont mal prononcé leur nom. Une demi-heure pour se chauffer, quelques amuse-gueules glissés entre deux cuts du Wu Tang (Ice Cream, Bring Da Pain, 20 secondes chacun), des montées sur les enceintes, et une division du travail à l'américaine: un titre pour Redman, un titre pour Method, ça reste gentil. Et puis Method tombe la chemise et se met à hurler dans le micro : “Nobody rocks a stage like we do“. Traduction: “Vous allez voir vos gueules“.

A ce moment là, on aperçoit un rasta-shaolin aux épaules de déménageur entrer sur la scène. Un MC de plus pour pas assez de micros ? Alors que démarre une série de hits, on comprend vite à quoi il va servir. Method Man et Redman vont jouer à leur jeu préféré : le slam. En avant, en arrière, en salto, les deux New-yorkais n’ont pas épargné la foule. Et à chaque fois, la main ferme du rasta-shaolin pour les sortir de la fosse. Method en rajoute, monte sur l'enceinte, se laisse tomber sur la scène avec un bruit de canon, et se relève, mort de rire. Des gamins je vous dis !
How High, Big Dogs, 1-2 1-2, ça chauffe et ça devient bouillant après une mini-battle entre les deux potes. Sur un beat bien nerveux, Method lance les hostilités, prend son meilleur flow et finit sa partie haletant. Derrière, Redman relève le défi et met tout le monde sur le cul sur deux couplets, s'arrache, mâche et crache les mots dans un rap de très haut niveau. Real hip-hop. Les v'la tes 44 euros.
Et après: “Lalalalalalalala“ ! Da Rockwilder en mode hystérie et finalement Shimmy Yo, en hommage à feu Ol’ Dirty Bastard, le préféré des Parisiens, en témoigne la réaction incandescente du public, qui scanda spontanément “ODB, ODB“ . On se rappelle alors le concert d’Afu-Ra l'année dernière, qui avait joué ce même morceau au Triptyque. Le rappeur de la Gangstarr Foundation était resté béat de la folie qui avait suivi: “On dirait qu’ils n’ont pas entendu ce titre depuis des années“.
Quelques tours de passe-passe et DJ Dice envoie The Message pour une session old-school qui fait office de close-down. Method man et Redman passent derrière le rideau, serre quelques mains en rigolant, et nous laisse sur cette fin en queue de poisson. On préfère ça plutôt que le show en carton du surlendemain.
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