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Le dernier Suédois à triompher à Paris, c'était Mats Wilander, en 1988 à Roland Garros. Peter Von Poehl et sa voix androgyne ont pris le relais hier soir. Nous y étions.

Peter Von Poehl est un mystère. En effet, il n’a sorti qu’un 45 tours, en rotation sur Radio Nova. Mais si, vous savez, Going To Where The Tea Trees Are, une rythmique pop ultra-lente accompagnée d’une mélodie de berceuse et une voix filaire presque féminine…
Peter Von Poehl est suédois, d’où, peut-être, cette représentation au Centre Culturel Suédois, dans le Marais à Paris. Aucune annonce officielle d’ailleurs, pour un concert complet, qui refusera pas loin de 160 spectateurs. Ambiance salon de thé en plein air en arrivant dans la cour principale, où on pouvait croiser Vincent Delerm ainsi que Doriand, qui a fait appel à Peter pour son dernier album Le Grand Bain.
Trois quarts d’heure de suspense suivent dans l’arrière-cour, avant d’accéder à cette petite salle d’une centaine de personnes. Peter arrive presque gêné, en racontant une histoire de bataille et d'arrangements politiques entre la Norvège et la Suède, comme pour repousser le début du concert.
Atmosphère privilégiée, unique et intime, avec une scène au niveau du public sur laquelle sont posées deux guitares, classique et électrique et une pédale d’effet. Il enchaîne directement avec Travellers, à la mélodie renversante, qui laisse littéralement bouche bée. Tout au long du concert, Peter raconte les anecdotes liées à ses chansons, sur un ton hésitant, bourrées de phrases qu'il ne finit pas.
Mais toute cette mise en scène n'a pour but que de nous entraîner dans le rythme paisible de son univers musical. Il alterne entre des textes liés à l’actualité - Lost In Space relative au plan spacial de Bush – ou aux détails de sa vie – Little Creatures qui parle de sa vie en studio. Au fur et à mesure des morceaux, on est convaincus par Peter lorsqu’il nous dit que l’album a été conçu avec du temps, de manière personnelle et “artisanale“ dans un studio-cabane, où il vivait. Il termine par le titre Going To Where The Tea Trees Are revisité en arpèges et qui vaut largement la version studio.
L’album de Peter Von Poehl n’a pas de date de sortie prévue, on sait seulement qu’il s’intitulera Mummenschanz. Peter s'explique : “« Mummenschanz » était inscrit sur un T-shirt que m’a offert ma soeur quand j’était jeune et que je porte encore. En anglais, ce terme est assez péjoratif et signifie « con », « débile », mais je préfère la version suédoise qui traduit « bouffon »“.
Peter Von Poehl jouera entre autres le 17 octobre à La Flèche d’Or et prochainement aux Nuits Zébrées de Radio Nova.
Son maxi 45 tours Going To Where The Tea Trees Are est disponible notamment chez le disquaire Ground Zero et sur son site www.petervonpoehl.com
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