Accueil » Musique » Articles »

Afu-Ra

Smaëlb - 08.07.05

Afu-Ra est rappeur, rasta et shaolin. Son dernier album States of the Arts ressuscite le melting-pot dans le hip-hop.

Le rappeur new-yorkais Afu-Ra a débuté sa carrière aux côtés de Jeru The Damaja, qui lui donne son premier titre Mental Stamina, puis Physical Stamina sur le légendaire Wrath of the Math. Bien aidé par DJ Premier, le rappeur shaolin sort son premier disque en 2000 Body of the Life Force, à jamais gravé dans les mémoires des fans de hip-hop indé. Il tente de gravir une nouvelle marche, avec son nouvel effort States of the Arts, plutôt voué au dancefloor.

Tu as commencé à tchatcher avec Jeru The Damaja...

Jeru et moi habitions dans le même quartier, on a passé une petite dizaine d’années à grandir ensemble. Il m’a toujours encouragé. Quand j’avais 15 ans, je m’amusais à improviser et je détournais les paroles sur n’importe quelle chanson. Jeru me poussait à arrêter de faire du freestyle et à me lancer dans l’écriture. Et il m’a donné ma chance sur l’album Wrath of the Math et tout a commencé.

Quelle est la qualité indispensable pour être un bon MC?

La meilleure qualité, c’est la maîtrise du langage. C'est le plus important, la capacité à manipuler la langue. C’est lié à l’éducation bien sûr, mais c’est surtout l’habilité de les remettre dan un autre sens pour exprimer tel ou tel sentiment. Je connais plein de bons MC qui n'ont jamais été à l’école. Pas besoin de savoir lire ou d’être intelligent, tu peux toujours manipuler les mots. Il suffit de connaître leur sens.

Afura

A la différence de nombreux membres de la Gangstarr Fondation, tu as évité la prison.

J’ai déjà été arrêté trois fois, mais j’ai toujours évité le pénitentier. Le rap m’a permis de prendre un peu de recul là-dessus. Je ne voulais pas devenir une statistique, Le pourcentage d’afro-américains en prison est effrayant. Aux Etats-Unis, il y a plus de blacks en prison que dans les facs. Je voulais être plus constructif que les autres.

Tu as invité des artistes de ragga comme Kardinal Offishall et Gentleman sur cet album. Quel est ton opinion sur les embrouilles du ragga avec les gays?

Je ne suis pas d’accord avec l’homosexualité, ce n’est pas comme ça que je vis ma vie. Mais je n'ai pas à les blâmer dans mes chansons. C’est peut-être une mode, mais l’homosexualité n'a pas sa place dans la culture rasta. Pour eux, c’est un pêché. Leur parcours fait qu’ils ressentent le besoin d’exprimer ce genre de choses, peu importe les raisons. Je ne peux pas parler pour eux, mais il est illusoire pour un artiste de ne vouloir fâcher personne.

Que t’a apporté DJ Premier au début de ta carrière?

Il m’a influencé grâce à une constance exceptionnelle dans la qualité de ses beats. En le regardant produire toutes ces stars du hip-hop, ça m’a donné confiance, et je me suis dit qu’après lui, je pouvais travailler avec n'importe quel producteur. Il a produit mes deux premiers albums, m’a donné une orientation et un prestige. Sans lui, je ne serais pas là.

N’était-ce pas trop difficile de rebondir après un premier album aussi bon que Body of the Life Force?

Pour moi, ce disque est simplement le premier, pas un mythe. J'adore les beats mais il faut que je me détache de ça et que j’avance. Je ne fais pas de la musique en pensant plaire aux autres, je mets ce qui me retourne les oreilles. Je sais que les gens adorent cet album, mais il faut que je continue à mettre de l’essence dans le moteur.

REAGIR A CET ARTICLE // 15 COMMENTAIRES