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Jean Pierre Lentin - 11.04.08 | 10:15Les très grands écrivains de science-fiction appartiennent à une sorte de « contre-culture » chère à tous les contestataires de l’ordre mondial établi. Ces imaginateurs professionnels ont rarement manqué d’épingler cruellement le monde actuel et ses dogmes politiques, économiques, esclavagistes, immoraux, ou anti-spirituels.
Arthur C. Clarke, mort le 19 mars à l’âge de 90 ans, ne faisait pas exception à la règle. Son récit le plus célèbre (une nouvelle), « 2001 l’odyssée de l’espace », mis en images par Stanley Kubrick, reste son oeuvre la plus célèbre. Certains ont estimé que le film était incompréhensible, mais l’ouvrage d’Arthur C. Clarke, ainsi que ses trois suites sous forme de romans, se révèlent beaucoup plus explicites.
Clarke a également écrit des dizaines de romans et de nouvelles, tous d’une originalité stupéfiante, et dont le recensement et l’éloge prendraient beaucoup trop de place dans cette chronique.
Depuis une décennie, Arthur C. Clarke avait pris sa retraite au Sri Lanka et avait ralenti sa production littéraire. Néanmoins, cet homme très au fait de toutes les découvertes scientifiques avait pris, récemment, des positions très courageuses en faveur de ce qu’on pourrait appeler les hérésies de sa science.
Sur la fusion froide, la mémoire de l’eau, l’énergie magnétique, la force des plasmas ou les technologies d’implosion tourbillonnaire des liquides, toutes hypothèses vilipendées par la science officielle, il n’avait pas hésité à prédire que ces technologies futuristes allaient un jour résoudre les problèmes énergétiques du monde. Un peu comme Jules Verne qui annonçait que l’énergie du XXIème siècle serait l’eau.
L’une des dernières phrases enregistrées d’Arthur C. Clarke, placée en exergue d’un excellent documentaire anglais de Channel Four intitulé « It runs on water » est la suivante : « Je pense qu’il existe une forte possibilité selon laquelle nous avons atteint un tournant de l’histoire humaine, avec la découverte de sources d’énergie totalement nouvelles. Beaucoup de gens restent sceptiques, mais je pense que nous traversons actuellement les quatre étapes traditionnelles de l’innovation du savoir. 1, C’est absurde, ne me faites pas perdre mon temps. 2, d’accord, c’est intéressant, mais pas important. 3, J’ai toujours pensé que c’était une bonne idée. Et 4, c’est moi qui ai eu l’idée le 1er ». Arthur C. Clarke était une visionnaire, un puits de science, et un authentique philosophe.
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