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Jean Pierre Lentin - 22.01.08 | 09:37Ce n’est pas nouveau, ça ne vient pas de sortir, mais, depuis Noël dernier, ça fait fureur ! C’est le « shopdropping ». Kezako ? Fastoche, c’est le contraire du shoplifting (vol dans les magasins). Ici, il s’agit de déposer, ni vu ni connu, des objets dans un magasin.
Qui a inventé le shopdropping ? Sur ce point, il y a deux écoles. Pour l’une, ce sont les activistes opposés à la société de consommation qui ont commencé à glisser dans les boutiques de luxe des imitations de Rolex agrémentés de tracts. Pour l’autre, ce sont les intégristes chrétiens américains qui glissent des brochures religieuses dans les magazines gay et lesbiens.
Dans les deux cas, le shopdropping consiste à faire de la propagande. Ou de la pub. Des écrivains placent leur livre à compte d’auteur dans les rayons d’une librairie, des propriétaires de salles de gym insèrent leur carte dans des livres sur l’amaigrissement. Bien sûr, les CD de groupes inconnus font partie des musts du genre.
Aujourd’hui, des groupes anti-pub proposent sur le net des ateliers pour s’exercer. Et il existe un site entièrement consacré à la chose, shopdropping.net.
On y trouve, par exemple, l’artiste Packard Jennings, qui fabrique en série de petits masques à gaz ou des faux cocktails molotov à fourrer dans les rayons jouets. Ensuite, il s’amuse à filmer les réactions des clients. Il y aussi Tactical Magic et ses T-shirts à l’effigie de Marx, Guevara ou Bakounine avec la mention « paix sur terre – quand on aura renversé le capitalisme ». Ou encore Ryan Watkins-Hughes, qui fait des étiquettes autocollantes pour boîtes de conserves, conçues pour laisser intact le code barre. Dans ce cas, l’acheteur pressé découvre la supercherie une fois rentré chez lui. « Un moment de perplexité pour secouer les gens de leur état somnambule », dit l’auteur.
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