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Grévistes cherchent tribu

MS - 23.01.07 | 18:46

Dans la série que sont-ils devenus, vous souvenez vous de l’APPO (Assemblée Populaire des Peuples d’Oaxaca) ? Ce mouvement populaire mexicain qui a démarré en mai dernier par une grève des maîtres d’écoles, vite rejoints par les paysans, les indiens, les ouvriers, les universitaires, pour dénoncer le gouverneur Ulises Ruiz Ortiz. Un homme connu pour sa tactique unilatérale de négociation, la répression.

Après des mois de résistance hardcore à l’automne, et la mort entre autres d’un cameraman d’Indymedia, l’APPO décide de rejoindre le peuple Triqui et créé la commune libre et autonome de Juan Copala, à l’ouest de l’état d’Oaxaca. Décision radicale sans connotion flower power back to nature.

D’après les membres du nouveau gouvernement de Copala, depuis l’arrivée du gouverneur en décembre 2004, il y a eu 70 meurtres politiques dans la région, dont 48 reconnus par les autorités en question. Dans un climat de terreur et sans espoir d’amélioration, la sécession s’est donc imposée pour les triquis (officiellement rattachés aux communes mexicaines de Juxtlahuaca, Putla de Guerrero et Tlaxiaco) comme pour l’APPO. Le soir du premier janvier 2007, la nouvelle union autonome s’est proclamée dans une cérémonie hors du temps.

Au nom de 20 communes de cette zone, le conseil triqui des anciens a remis un bâton à José Ramirez Flores (président de l’APPO). Il a été solennellement ordonné aux membres de l’APPO de « gouverner selon les principes triquis, d’écouter le peuple pour conserver la charge qui leur a été donnée. De ne pas tomber dans la corruption et de rechercher la paix pour l’ensemble de la nation Triqui ».

Evidemment, cet élan fraternel n’a pas ému le gouvernement mexicain, qui depuis a tendu plusieurs embuscades aux portes de Copala. Mais l’union du peuple Triqui et de l’APPO tient bon ! Affaire à suivre notamment sur samizdat...

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