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Smaëlb - 24.02.06 | 12:59Hier, on commémorait la quatrième année de détention de la sénatrice franco-colombienne Ingrid Betancourt. Manif de soutien à Rouen, giga concert au Zénith de Paris hier, petit logo “Ingrid 4 ans“ pendant les journaux télés, Florence Aubenas est venue dire son petit mot.
Mais tout ce bruit irrite la Colombie. Sur Latinreporters.com, les échos de Bogota sont dissonants. La Colombie reproche à la France de se concentrer exclusivement sur le cas d'Ingrid Betancourt, alors que 3 000 autres otages sont détenus par la guerilla. Difficile aussi d'accepter ces ingérences, quand le gouvernement français contacte directement les FARC en zappant Bogota, ou les pressions sur un président élu à la majorité absolue “pour l'inciter à céder devant des mouvements considérés comme terroristes par l'Union européenne“.
Dans le quotidien colombien El Tiempo, la journaliste María Camila Morales, basée à Paris, stigmatise “l'Ingridmania“ et rappelle les morts de deux autres otages français, passées inaperçues dans les médias, ainsi que les liens de la famille de Betancourt avec les hauts-fonctionnaires français, citant le livre de Jacques Thomet, Ingrid Betancourt: histoire de coeur ou raison d'Etat?
Elle regrette surtout une vision simpliste de la Colombie, et cette image de “justicière solitaire“ que trimballe l'ex-pensionnaire de Sciences-Po. Morales débute son papier en grinçant des dents “le 23 février, en France, pourrait finir par s'intégrer dans le calendrier des commémorations nationales“, mais conclut sur le positif: “au moins jusqu'à sa libération le fléau de la séquestration en Colombie ne sera pas oublié des Français.“
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