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Lancement hier de XSS-11, premier de la génération "satellite autonome". Premier embryon de robot dans l'espace. Un jour des crabes en titane géants guetteront les satellites et des araignées se poseront sur Mars...

«Personne n’avait jamais fait un truc comme ça dans l’espace», disait hier vers 15:00 GMT Vernon Baker, directeur du programme XXS-11, après le lancement réussi sur la base de Vandenberg en Californie.
Vandenberg est une base militaire : le programme XSS-11 ne relève pas de la Nasa mais de l’US Air Force. Ils n'ont pas choisi le nom pour faire peur : XSS abrège simplement Experimental Spacecraft Systems.
XXS-11 est un prototype. Le premier satellite autonome dans l’espace. Tandis que sur terre les hommes se déchirent en guerres médiévales, le ciel se peuple peu à peu des images et des machines de la science-fiction. Des centaines de satellites orbitent sur nos têtes, invisibles et silencieux. Mais pour se déplacer, ils dépendent des lois de l’inertie et des contrôleurs au sol.
L’idéal du satellite, c'est le «spacecraft autonomy», l’autonomie spatiale. Le XSS-11, lui, va décider lui-même où aller et allumera/coupera ses moteurs tout seul. De XSS, on ne dit plus comme des autres satellites qu'il est "mis en orbite", puisqu'il changera sans arrêt de route.
On l'appelle aussi "micro-satellite de proximité". Les militaires y voient une utilité précise : d’ici quelques années, avec une version upgradée de l’XSS, aller inspecter et réparer leur flotte de satellites en service. Un petit pas pour le prototype 11, un grand pas pour la robotique : le satellite autonome sera le vecteur de son installation dans l'espace.
On imagine assez bien où mène une hybridation robot/XSS. Des robots à pinces qui voient, sortes de crabes de l'espace en titane, qui entendent, auto-propulsés, tirant leur énergie de leurs ailes solaires, programmés pour l'attaque et l'auto-défense mais décidant de leurs mouvements. A la question évidente : «Et pourquoi ne pas imaginer une arme anti-satellite ? », Vernon Baker répondait hier qu’il n’en est pas question à ce stade.
Le concept de «spacecraft autonomy» intéresse vivement la Nasa elle aussi. On aurait besoin, pour Mars, d’une capsule capable de se détacher du vaisseau, de se poser sur la planète, de redécoller et revenir s’arrimer au vaisseau-mère. Plutôt araignée que crabe. Aussi la Nasa lance-t-elle dans trois jours, vendredi 15, avec un petit retard sur les militaires et sur la même base de Vandenberg, son propre proto de satellite autonome, le DART.
L’article du New Scientist
L’article sur le génial « arms control weblog »
Le site de la Nasa
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