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Les rapaces aux nids d?or

Léon M. - 02.02.05

Les grandes firmes françaises amassent plus d'argent que jamais mais c'est pas pour ça qu'elles embauchent.

Bénéfices

Pauvres grandes entreprises françaises Elles licencient, refusent d’embaucher, baissent les salaires, chialent sur les 35 heures et pourquoi ? Elles n’ont plus la thune, elles puent la misère. C’est la crise on vous dit, la globalisation et la faute aux socialistes. Ben non, tout faux. Car les chiffres sont là, et notamment ceux de leurs bénéfices nets pour 2004. Assurances, banques, pétroliers, bagnoles, en réalité ça roule.

Quelques exemples :

BNP-Paribas : bénéfice net annuel en hausse de 24% (4,7 milliards d'euos)

Axa : bénéfice net semestriel en hausse de 590% (1,44 milliards d’euros)

Renault : bénéfice net semestriel en hausse de 28,5% (1,51 milliards d’euros)

Schneider Electric : bénéfice net semestriel en hausse de 23%

Total : bénéfice net trimestriel en hausse de 22%.

Bref, les grandes entreprises et notamment les multinationales contemplent la morisité des Français du haut de montagnes d’or. Rien n’y fait, ni les guerres, attentats, décapitations, tsunamis, disparitions d’espèces d’escargots rares et déprime des ménages. L’argent rentre. Sauf qu’il n’est pas réinjecté dans le circuit. Les réserves des firmes dépassent leurs besoins, et pourtant elles n’investissent pas ou peu. Certaines, comme Bouygues, rachètent carrément leurs propres actions… pour les faire monter. Un égoïsme qui étrangle les gens, et appauvrit l’Etat. Qui laisse faire d’ailleurs. Ce que l’économiste Patrick Artus appelle « le capitalisme sans projet ».

Sans projet mais non sans profit, notamment pour les PDG et les actionnaires (les PDG sont d'ailleurs actionnaires). Pour les gens qui y bossent, ou qui en sont éjectés, c’est une autre affaire.

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