Accueil » Cyber / Hardcore » Articles »

Squats en sursis

Smaëlb - 18.10.06

Le cinéma Le Barbizon a été muré ce matin, les squats la Générale et le Théâtre de Verre sont passés tout près de l'expulsion. Christophe Girard, adjoint à la Culture de Bertrand Delanoë, explique la position de la Mairie de Paris sur le sujet.

La générale
La Générale

Ce matin, les squatteurs du cinéma de Barbizon ont été expulsés. Ces derniers jours, d'autres squats comme la Générale et le Théâtre de Verre ont été menacés par la préfecture. Quelle est la position de la Mairie de Paris, qui a clamé son soutien aux squats artistiques ?

Christophe Girard : Malheureusement le Barbizon a été vidé. Le Théâtre de Verre restera en place, les négociations avec la SNCF devraient se terminer sur un bail précaire, qui tiendrait jusqu’ au début des travaux fin 2007. En ce qui concerne la Générale, nous avons entamé une médiation. Les locaux sont destinés à un projet d'hôpital psychiatrique, et les artistes ont promis de partir au début des travaux. La préfecture applique un jugement qui a été rendu, c'est normal. Mais j’ai fait voter par le Conseil de Paris un amendement qui permet d’obtenir la clémence de la Préfecture de Paris, qui dépend du ministère de l’intérieur, pour nous laisser négocier avec le ministère de l’Education nationale, propriétaire des bâtiments. Les négociations devraient se poursuivre sans incident.

Quelle politique appliquez-vous avec les squatteurs ?

C.G: Notre première mesure a été d'empêcher l’expulsion du squat de la rue Blanche, que nous avons relogé dans le 20ème. Il y a aussi eu les régularisations des squats rue St-Honoré et de la rue de Rivoli. On fait tout pour reloger ceux qui sont de vrais artistes avec un projet culturel fort et les aider à poursuivre leur aventure collective.

Vous soutenez l’action du collectif Interfaces*, très décrié parmi les squatteurs, car il remet en cause une valeur essentielle du squat, qui est l'abolition du concept de propriété privée. N'y a-t-il pas un risque d'avoir des squatteurs "agréés par la ville" et les autres ?

C.G: Il y a des artistes qui ont déja leur lieu, mais qui ont besoin d’un cadre collectif pour s'exprimer, comme la Générale avec un résultat magnifique. Et il y a ceux qui ne souhaitent pas être reconnus par la puissance publique ou les collectivités locales, rester en marge du fonctionnement et squatter des lieux inoccupés, parce qu’ils y trouvent une dimension de transgression. Il n’y a pas de label "mairie de Paris", il n’y a pas de bons ou de mauvais squatteurs. Pour moi, ce sont des artistes, des collectifs. Ils sont dans une situation d’illégalité, on négocie au cas par cas. Ils savent le risque qu’ils prennent. Mais quand le projet culturel est construit, c’est un peu dommage qu'il disparaisse.. Quand ils ont besoin de nous, ils nous trouvent.

  • Entre Intersquat et Interfaces, la polémique dure depuis quelques années déjà. Quels sont les enjeux politiques du squat ? Etre un "gentil squatteur'', est-ce aller contre les principes anarchistes du squat ?


La charte d'Interfaces: Pour une occupation de locaux agréée


La charte d'Intersquat: Intersquat contre Interface

REAGIR A CET ARTICLE // 2 COMMENTAIRES